29 novembre 2007
une tasse de chocolat... de nostalgie
quand les fêtes approchent j'ai la nostalgie de toi, maman.
des petits moments de complicité que je commençais a ressentir, sur les dernières années de sa vie.
je me surprends à fermer les yeux et voir ton beau visage, aux traits fins, à la peau si fine qu'on aurait dit une porcelaine, qu'un fragile sourire venait ensoleillé.
certains soirs, quand je ferme les yeux pour gouter le repos de la nuit, je te vois.
je te regarde attendrie...ton sourire me conduit au pays des rêves.
magie de la féérie de noel, réveil de douceur.

une odeur de chocolat chaud, comme ceux d'autre fois,
que l'on fait presque cuire dans la casserole...
jusqu'à ce qu'une petite peau vienne frémir sur un lac gelé,
qu'une douce flamme orangée caresse délicatement.
odeur, chaleur qui réchauffent le coeur...
parfum aux milles senteurs

Muscade
Acacia
Miel
Acajou
Noisette

la douceur de ces instants, me rapproche de toi
la chaleur de ces minutes ensemble, me renforce de toi.
d'aussi loin que je me souvienne, nous n'avons jamais eu de geste complice.
tu n'osais pas, tu ne savais pas me prendre dans tes bras...
j'étais jeune, mais pas assez petite pour que le geste remplace la parole.
tu n'osais pas, tu ne savais pas comment faire...
j'étais déjà commencée, avec mon paquetage de fortune.
aussi mal Adroite, l'une que l'autre, nous n'avons pas apprivoisé le lien charnel.
aussi malAbile, l'une que l'autre, nous n'avons pas trouvé le chenim du geste tendre.

nuage de douceur
réve de bonheur
tu me guides au travers des songes
tu me berces ... tu veilles
sur mon sommeil.
26 octobre 2007
« La Boite aux Photos d’Alice » (1ere partie)
Quand je suis rentrée jeudi soir, il y avait un démarcheur à la maison.
Il était sur le seuil de la porte, prêt à partir. Il avait fait affaire avec Monsieur.
Seulement il voulait l’avis de Madame… alors je m’exécute de bonne grâce. (il était question d’une prise de vue aérienne de notre maison)… et patati et patata que je m’en vais fouiller dans le buffet de la salle pour retrouver celle de la maison de papa et maman qui avait été faite il y a 10 ans, quand je tombe sur une boite…
La BOITE
Je suis pressée, j’ai pas le temps de m’en occuper mais je la mets de coté… et passe la soirée.
Seulement voilà, c’est « La Boite aux Photos d’Alice », ma maman.
Et avec elle, revient l’émotion des sentiments bien rangés dans le compartiment fragilité.
Plein de fois je suis passée à coté, mais je ne l’ai pas regardée. Je n’y ai même pas touché. Et puis tout d’un coup, l’envie de la placer ailleurs. De lui redonner sa place. Quelle idée, comme si elle avait une place bien définie ! Non, elle n’est rien d’autre qu’un objet comme les autres. Alors pourquoi ce besoin de la mettre bien en vue de tous. De la mettre à l’honneur sur le piano ?
-Ben parc’qu’elle est belle, tiens pardi !
Non, elle n’est pas si belle que cela. A bien y regarder, elle est même quelconque. Sur 4 pieds sculptés, en métal (style alu-repoussé), plutôt terne, elle est rectangulaire et pleine de bosses.
Cela fait maintenant 2 semaines que j’ai déterré un trésor. Et que je ne le sais pas.
(la suite juste aprés, ci-dessous)
"la boite d'Alice" (SUITE et fin)
Ce matin, que je n’avais pas le temps (juste 10-15 minutes tout au plus),
je me surprends à saisir la petite boite et l’ouvrir.
le couvercle est assez lourd. Rien de plus normal, à l’intérieur se trouve un miroir aux angles lézardés par le temps. Cette jolie boite devait être un coffret à bijoux, devant lequel l’heureuse élue pouvait se contempler à loisirs.
Elle devait être coquette mon Alice pour avoir un si joli coffret. Et moi de l’imaginer dans sa chambre, jeune fille, observant avec précision son reflet dans la glace. Elle sourit de plaisir … tiens, elle rit.
Dedans ? Pas de bijou, ni de caillou. Encore moins de joujou, des
photos. De toutes petites photos rectangulaires de 9 CM/7. des photos toutes dentelées avec un liseré blanc. Des tas de photos, des tonnes de photos…
Et puis des négatifs aussi, des centaines de négatifs. Je n’imaginais pas tout ce que pouvait contenir une si petite boite.
j’ai plongé la main
dedans et je les ai regardées toutes, une par une.
Certaines plus vite que d’autres, et puis je l’avoue avec plus d’intérêt pour certaines que d’autres. Celles qui représentaient des photos de paysages, de monuments ou de bâtiments m’importaient peu. Mais sur celles qui avaient figure humaine, je me suis longuement penchée. Je me suis arrêtée. Pour certaines, je reconnaissais un peu, très peu, pas du tout. Alors je les tournais, retournais à la recherche d’une écriture, d’une date, d’un nom. Mais il n’y avait jamais d’inscription, ou si peu que cela restait évasif pour moi.
C’était toutes, des photos d’AVANT.
Avant le drame, avant la triste découverte de son corps à demi enseveli.
Ce n’était que des photos de bonheur.
De joies partagées, d’enfants qui sourient.
Qui prennent la pose. De camarades qui se déguisent
comme on le faisait à cette époque.
C’était des photos du bonheur.
Je découvrais mon père, jeune homme riant.
Je l’entendais plaisanter avec ses camarades.
Je l’écoutais rire…. J’ai même cru l'entendre chantait.
Et puis soudain, ma main s’est posée sur une photo.
Plus petite que les autres.
Noircie par le temps, mais je pouvais reconnaitre les visages.
Ils étaient tous les deux, tendrement enlacés à coté des autres assis sur un banc. 
Ils étaient là, amoureux… Beaux… Seuls au monde.
Je découvrais ma mère et son mari…
celui que son cœur a toujours chéri.
Celui que la guerre lui a pris…
celui vers qui allaient ses pensées, ses désirs de femme.
celui d'avant PAPA,
celui d'avant MOI.
Je voyais pour la première fois Alice dans les bras d’Arthure.
Et je découvrais par la douceur de leurs regards,
que ma mère avait été heureuse.
Qu’elle avait aimé, et
qu’elle avait été adorée par cet homme qui l’enlace si tendrement.
J’ai gardé la petite photo que j’ai mis délicatement sur le mur.
Tout prés des autres, qui sont si précieuses à mon cœur.

J’étais comme comblée, car j’avais découvert que ma mère avait connu le bonheur
21 juillet 2007
.... des sanglots dans la voie
pour toi, ma douce Alice
Les bras chargés de mélancolie.
La tête pleine de souvenirs.
Des sanglots dans la voix.
Les yeux au bord des larmes.
Ce samedi 21 juillet, vient me rappeler
Combien tu me manques.
Jour de fête, jour de ton anniversaire.
Aujourd’hui tu soufflerais…
Je n’ai plus les chiffres.
Une maman n’a pas d’age, pour son enfant.
Une maman est toujours jeune, dans les yeux de sa fille.
Une maman ne vieillit pas.... jamais.
Les bougies sont devenues éternité.
Comme je te chéris dans mon cœur.
Cadeau de douceur. C’est toi qui me l’offre
Merci d’être devenue ma maman
Merci d'avoir été ma maman.
Merci de m'avoir accompagner
Merci de m'avoir appris le verbe aimer
18 avril 2007
Toi Maman
C’est toujours pareil…. Il y a des dates anniversaires qui vous entraînent et vous poussent vers le souvenir d’un être cher qui ne sera pas là, qui vous manque…
Et bien moi, c’est Maman qui me manque ces temps ci.
J’ai tant de choses à lui dire, de gestes tendres, d’odeurs qui me parlent d’elle… que je ne sais par où commencer.
Bavarde (certains vous dirons TRES BAVARDE), plutôt à mon aise avec « le libre expression » je n’ai jamais eu de soucis de ce coté là. Alors que Maman faisait parti de ces Femmes qui, par leur parcours familial, intellectuel, n’avaient pas appris à s’exprimer, à discuter, converser…
Maman est née dans une ferme de la région d’Athis de l’Orne, pendant la guerre.
Mon grand-père enrôlé d’office à cette époque, avait du abandonner son épouse et ses 4 enfants pour les champs de bataille. Sa femme enceinte d’un petit dernier se chargeait tant bien que mal des divers travaux, secondée par les aînés H, M, T et B… quand se sont annoncées les 1eres contractions.
Vous imaginez bien qu’a cette époque rien n’était préparé. Quand le 1er enfant est apparu, suivi d’un deuxième… c’était le bonheur. Cela signifiait le retour du père pour raison de famille nombreuse (6 enfants).
Mon oncle M. l’aîné, va aussitôt déclarer les deux naissances afin de faire revenir « le père » au plus vite….
Et voilà, le grand livre de Maman s’est ouvert sur un 1er chapitre qui commençait une histoire dont elle ne sera jamais l’organisatrice mais le second rôle… l’acteur principale en étant le Deuil !
Ainsi, à la Mairie M. annonce à tous la bonne nouvelle… mais à la question des prénoms, il ne sait que répondre ! Personne n’y avait pensé… Il y avait juste le chiffre 6 comptait, et rien d’autre. Alors un prénom de garçon, il avait encore bien une idée, mais pour une fille ? Fallait pas lui en demander de trop quand même !
Le secrétaire de Mairie dit « bon, vas y pour Albert. Et ben pour la fille… en A, t’as qu’a prendre… Alice » ! et les voilà baptisés ! pas de 2ème ni de 3ème prénom… faut rentrer. il y a les vaches à traire et les petits veaux à soigner.
C’est vrai qu’on ne rigolait pas tous les jours à cette époque.
entourée des ses 4 frères et sa sœur, elle a vécu une enfance
heureuse… malgré un séjour en sanatorium, qui l’a longtemps éloignée
des siens.
Jeune fille, elle fait ses études dans la grande école de la ville, et obtient haut la main son certificat d’études (qu’elle aimait à comparer avec notre Baccalauréat de maintenant).
Les années passent et Maman au détour d’une fête de village, rencontre un beau jeune homme qui va bientôt devenir son prétendant, puis son mari.
Seulement, une nouvelle fois la guerre la rattrape, et lui arrache son bel amour.
Par un après midi trop chaud, trop beau (la guerre est finie), les Occupants rentrent chez eux. Elle apprend qu’il n’est plus ! Enfin, qu’il est trop tard… son chemin a croisé celui de quelques fielleux monstres vindicatifs qui, se sont acharnés sur lui, (sur eux, ils étaient 3 camarades) et l’ont abandonné à l’agonie dans la campagne…
Jeune mariée de 9 mois, elle sombre dans un long cauchemar. Duquel elle n’est jamais vraiment ressortie…
Mais la vie doit continuer.
Dans les bras de P. elle réapprend à regarder devant, et tous les 2 décident d’unir leur chagrin. (P. est un jeune frère de A.)
Bien sur la mariée est en blanc, mais la musique est douce, voire silencieuse.
Bien sur la fête est belle, mais les rires sont étouffés.
Bien sur le bal est une réussite, mais les danseurs sont fatigués…
P. dira qu’avec le temps, on finit par s’aimer vraiment, et puis il avait promis à son frère, avant de lui fermer les yeux, qu’il s’occuperait bien d’Elle.
A.dira…. Elle n’en a jamais parlé !
Mais qu’est-ce qu’elle a du pleurer dans le silence de sa chambre, de ses yeux éteints, de son cœur meurtri…
Les années ont passé, sans qu’aucun enfant ne vienne égayer ce foyer.
On lui avait tellement pris, qu’il voulait donner à son tour.
Mais là encore, une fois de plus, cela lui a été impossible.
Interdit le bonheur d’être mère. Qu’avait-elle donc fait pour que la
vie la fuit de la sorte ? Quelle malédiction ?
De médecins en médecins, la crainte d’une éventuelle stérilité s’est faite réalité… la maladie, soignée tant bien que mal au sanatorium avait laissé des traces indélébiles, qui ne permettaient pas à un petit être, de se nicher au creux de ce ventre, qui ne demandait qu’a donner la vie.
Alors, elle a rangé ses rêves et le soir, en attendant P., elle a pleuré encore plus souvent.
Mais P. n’est pas homme à laisser « tomber un chantier « !
Il s’est obstiné, et tous les 2 ont entamé des démarches d’adoption…. Vous connaissez la suite, je suis arrivée en octobre 1964.
J’avais beau être « leur petit rayon de soleil », Maman n’a jamais retrouvé le sourire.
Vous savez celui d’un grand rire aux éclats. D’un rire bien sonore, qui fait mal au ventre tellement il nous rend joyeux.
Bien sur Maman souriait, elle aimait tellement donner aux autres, mais au de-dans, elle était si sérieuse, si inquiète de tout, du malheur qui surgit et vous noie dans les eaux grises du chagrin.
Donner, voilà le maître mot qui qualifie bien Maman.
Celui qui résume le combat de toute sa vie… puisque la vie ma tant pris, je vais donner, donner sans compter, donner à tous pauvres ou riches, heureux ou malheureux… c’est cela. Maman était une « donneuse de générosité ».
Pour commencer vous aller certainement sourire car, ce qu’elle m’a beaucoup donner, c’est des baffes !!!!
J’en ris encore à l’écrire. Mais sur le coup, je ne riais pas. Mais pas du tout !
Car elle avait la main leste, Maman.
La dernière dont je me souvienne, j’avais 14 ans ½ et nous fêtions le BEPC.
Pour ce faire, je ne suis pas descendu à l’arrêt du car prévu, mais au
suivant où m’attendaient les amis pour prendre un verre au Bar du
village.
Bien sur quelque peu en retard sur l’horaire
habituel, Maman (plus qu’inquiète) a téléphoné au Café, qui a confirmé
ma présence. Vite je suis rentrée avec un voisin, sur sa moto (2km,
sans casque !!!!!!)… et à mon arrivée !! Tout le monde vous le dira, « elle avait la main leste Alice » !
« enlève tes lunettes (quelle andouille je les ai retirées !)
j’ai fait la même à mon fils … 'ouhouh c’est pas beau et combien je regrette ce geste inutile), mais les lunettes c’est cheres et c’est fragiles ! il en parlait à sa soeur, encore hier soir !)
…. j’en ai eu la marque toute la soirée, la joue en feu, la honte et la colère…
Maintenant que je suis maman à mon tour, je comprends son angoisse… et,
je n’en suis pas morte (comme on dit). Bon il est vrai que je me serais bien passé de quelques unes vraiment inutiles, mais de-là à dire que j’ai été traumatisée, il ne faudrait pas exagérer ! Et que je n’entende personne dire (même chuchoter) que je les ai bien méritées !
Redevenons sérieux. Maman donnait aussi…. des ordres
un vrai commandant ! d’ailleurs certains en parlant d’elle disaient : « une Maîtresse Femme ». c’est vrai quelle savait commander et qu’elle aimait bien qu’on lui obéisse. Cela allait de la gentille « femme de ménages à tout faire »… en passant par les ouvriers de l’entreprise familiale, à qui elle demandait quelque chose de bien précis… au marchand de fruits et légumes qui ouvrait son magasin 5mn avant l’heure car « Madame L. n’aime pas attendre »…. A Papa qui n’en faisait qu’a sa tête et la faisait fâcher… à moi qui continuait mon petit bonhomme de chemin !
Un vrai major d’homme ! Maman faisait le repas pour les Ouvriers de l’entreprise familiale. Soit une 20aine de personnes à table tous les midis. Et bien sur, pas pour 12h10, mais MIDI Pile. Car, en plus de toutes ses qualités, Maman était la ponctualité même !
La fée, sa marraine, avait dû la baptiser avec une horloge ce jour là , n’ayant pas trouvé sa baguette !
Pour Maman, l’heure c’est l’heure…. Voire même, un peu en avance, serait encore mieux ! Alors Papa, plutôt du genre « taquin » se faisait un malin plaisir de venir à table le midi pour 12h7… du coup tout était froid. Le soufflé au fromage retombé, Maman catastrophée, Papa content de lui et moi… pliée de rire !
Je vous conte là avec humour, une tranche de notre quotidien. Car, il fallait mieux en rire qu’en pleurer. Mais la ponctualité de Maman, c’est comme tout, quand on est dans l’excès cela devient pénible !
(entre nous, cela excuserait-il mon penchant à être toujours en retard de quelques ¼ d’heure ? faudra qu’j’en parle à mon Psy
! )
Pour finir sur ce qui définit le plus Maman, c’est la générosité…
Sa générosité de cœur, d’âme… Petite, je lui disais souvent ; « t’es tellement bonne Maman, que lorsque t’iras au ciel, tu feras même pas les stops et les virages, t’iras tout droit au paradis. »
Le paradis, qu’est-ce qu’elle a prié pour gagner sa place.
Croyante, plus qu’il n’est possible de l’être…. dévouée à l’église, à Dieu et tous ses dogmes, (qu’elle ne s’autorisait pas à contredire même face aux provocations de Papa, qui aimait à comprendre et parler souvent de ce sujet avec ses amis philosophes… jusqu’à en choquer les « si belles petites oreilles » de Maman.). Vous pensez : « aller douter de la virginité du Christ… qui aurait fricoté avec Madeleine la péch’resse ! » s’en était trop pour Maman qui, quittait la pièce de colère en marmonnant, dieu sait quelle prière de pardon !
Maman faisait parti de ces jeunes filles qui sont allées dans une école religieuse et, ont reçu un enseignement de soumission… à Dieu, à l’Eglise, à tout.
Ainsi, jamais il ne venait à l’idée de Maman, de contredire ou de se permettre la moindre mise en doute des théories qui lui avaient été enseignées, ni comment elles lui avaient été transmises. Il était dit, écrit, qu’il faillait faire comme cela. Alors je ferais comme cela. Même si je dois me priver, m’interdire… le plaisir.
Et oui, Maman ne connaissait pas le mot plaisir… dans la vie tout n’était que devoir, obligation… et puis intérieurement, elle n’avait pas le cœur à rire. Alors elle s’est noyée dans le travail. Le travail pour la cantine de l’entreprise… pour le quotidien à gérer… pour la foret de Pierre…
Tien la foret, parlons en. Oui, parlons de ce chapitre qui tenait tant à Papa.
Le premier souvenir qui me vient de Maman à la forêt… c’est la cuisine ! et bien oui, encore une fois, même en vacances Maman travaille. Car j’appelle cela travailler. Quand vous faites à manger pour plus d’une 10ains de cousins cousines venus passer une bonne journée au grand aire.
Le matin, elle commençait par se rendre au village afin d’acheter des Saucisses (c’est tellement bon au feu de cheminée), du pain, un camembert « bon mayennais » et un dessert.
Ensuite de retour, il fallait continuer le feu et s’organiser de façon à ce que la table soit prête pour ? (alors on suit ou pas ! ) midi bien sur, car tout le monde connaît la ponctualité d’A., même en vacances !!!!
Après un repas pantagruélique (faut surtout pas manquer)
et bien arrosé, Papa proposait à tous de faire un petit tour dans la forêt, et Maman…. restait pour faire la vaisselle (à la main dans le tout petit évier en émail blanc)… De retour de promenade, ils prenaient une collation (la marche ça creuse), et remerciaient bien Papa et Maman de cette bonne journée passée ensemble ( !!!! ) en se promettant de revenir bien vite (tu m’étonnes !).
Et cela durait tout le temps d’aout… bien sur, il va de soi qu’il est normal de nourrir ceux qui viennent donner un coup de main à émonder les sapins, tailler les branches, couper les fougères à la faucille… mais ne croyez pas que pendant se temps, Maman faisait une petite sieste bien méritée, non elle faisait du ménage (son autres passe temps préféré !). « il est très important que les gens ne voient pas des carreaux sales ou mal faits » disait-elle dès son arrivée dans la propriété champêtre.
La forêt, c’était aussi tout un déménagement pour le mois.
Soit des préparatifs vestimentaires mais aussi alimentaires… bref, la voiture de Maman était pleine à craquer de valises, boites de
conserves, draps, produit de toilette mais aussi d’entretien… alors que la 4L de Papa (puis sa R5, c’est pas trop dure à retenir !), était vide ! tellement pressé qu'il était de partir qu'il avait tout oublié !
Donner aux autres.
En marchant sur le chemin de la vie, Maman a croisé bien des gens. Il ne fallait pas être devin, pour se rendre compte que la famille L. n’est pas dans le besoin. (pas dans l'excès non plus !)
Alors Maman, discrètement, donnait à ceux qui manquaient. Rendait visite pour soutenir un malheureux, pour réconforter et proposer ses services…. Jamais on ne jetait… on faisait des paquets, que l’on déposait derrière une porte d’entrée, après l’avoir ouverte doucement.
S’il fallait, on faisait une avance... Pour un jeune qui chômer depuis des années… si cela était possible, on lui proposait un travail à l’entreprise…. jamais on n'obligeait. on invitait (tout simplement).
C’est comme pendant cette pénible période pour tous les normands… elle a fermé les yeux sur son histoire qui se réveillée et, a ouvert sa porte, aux résistants, aux hommes de passage qui fuyaient à travers les champs de blé de notre département… Au risque de sa vie, elle a offert le gîte et le couver …
A ses Frères et sœur, qui étaient restés sur la ferme, et devaient travailler dur.
Ecouter, donner de son temps.. aider les neveux et nièces. Elle, qui avait eu la chance d’avoir une fille, connaissait les craintes d’une mère pour l’avenir de ses « petits ». Alors elle était là, bonne conseillère et quelque fois même « introductrice » pour une embauche.
Sa famille, Maman l'a beaucoup aimée. Avec son frère jumeaux, elle avait une relation privilégiée. Tous deux à l’identique, ils avaient les mêmes maladies, et la fille aînée de son frère est la copie conforme de Maman (tant physiquement que moralement).
Alors, quand ce dernier a commencé à ressentir les 1ers méfaits du cancer. C’est Maman qui a alerté toute la fratrie par les ressentis qu’elle avait. Car A. ne parlait de rien à personne. J’ai encore en mémoire, les inquiétudes de Maman, qui disait constamment « il faut que j’aille voir A., je sens qu’il est malade ! ». Effectivement, à la stupéfaction générale, il est décédé très rapidement d’un cancer que seule Maman avait soupçonné.
Une fois de plus le chagrin la rattrape, mais cette fois c’est la mort dans sa propre chaire.
Les mois qui vont suivre seront très sombres pour Maman qui erre de dépressions en mieux être, pour sombrer à nouveau dans le gris des jours de pluie.
Maman a essayé de redresser la tête, de continuer.. et moi adolescente j’attendais tellement avec la fougue de mes 15-16 ans, j’en demandais encore plus… Je voulais que ça bouge, je voulais courir à travers le monde. Je voulais que tu me guides, m’épaules, que tu chantes comme avant, que tu souris comme avant…
Alors je n’aimais pas l’image que tu me renvoyais…
Je voulais une mère, une amie, une complice à mes jeux.
Tu m’as aimée et choyée avec ton cœur de femme meurtrie.. comme une mère »handicapée de la nativité». Tu m’as consolée. Mais jamais prise dans tes bras pour me couvrir de baisers… combien j’aurais aimé, Maman, ses longues étreintes fusionnelles, qui nous auraient unies définitivement.
Ne pleure pas Maman, c’est moi qui suis sotte. ! Bien sur que SI tu m’as tenu la main, quand tu es venue me chercher un après-midi d’octobre à la Pouponnière… mais OUI, tu m’as tendu les bras et je m’y suis blottie un après-midi d’octobre quand tu es venue m’adopter pour devenir ta petite fille…. Que d’amour tu m’as donné depuis, que d’attentions, de nuits à veiller mes angines… mes peurs du noir, à guetter mon retour des sorties du samedi soir, à t’inquiéter pour le moindre retard à vous retrouver pour un repas dominical…
Tu sais, moi non plus je ne savais pas comment m’y prendre avec toi.
C’est moi qui n’ai pas su te tendre les bras, te guider pour t’y blottir alors que tu étais devenue si fragile. Je n’ai su que te secouer, mettre des tuteurs le long de tes membres engourdis, fragilisés par le temps, cassés par les années de labeur... refuser la réalité de ta fatigue.
Combien de fois ,j’ai voulu te tenir par la main, faire un bout de chemin avec toi sur la route de mon avenir ? Et puis, te prendre la main pour te conduire vers le chemin du repos. Mais je n’y arrivais pas.
Mon cœur te disait « je t’aime » et mes lèvres restaient muettes….
Que la vie est bizarrement faite. C’est maintenant que tu n’es plus, que je sens qu’il me serait plus facile de te dire tout cela, de prendre ta main et te faire la caresse que, je t’ai faite tant de fois dans mes songes…
tu me manques… que j’ai encore besoin de tes précieux conseils… que je t’aime Maman.
Vous ais-je dit que Maman était belle ?
Elle avait la beauté de ces jeunes filles que l’on voit dans les films en noire et blanc des années 30. Les cheveux bruns foncés, coupés courts sur la nuque, avec une mèche légèrement crantée. Elle aimait porter le chapeau. Très coquette, elle était toujours habillée avec goût et délicatesse. Pas de tenue extravagante qui en met plein la vue, mais des robes joliment taillées, un sac à main pour l’été… un pour l’hiver, les gants qui vont avec et un rien d’élégance, qui faisait se retourner sur son passage.
Grande et à la taille fine, elle imposait le regard sur son passage….
N’allez pas dire qu’elle faisait des achats démesurés ! Maman a toujours criait haut et fort « le bon marché coûte toujours trop cher » ! alors, elle allait dans les magasins chics, mais qu’une à deux fois par an (avec l'autorisation de P.) et, juste pour quelques articles….
Et puis, petit à petit, elle n’y est plus allée. Elle s’habillait ,mais il fallait l’obliger. Les couleurs, elle n’y prenait plus garde, son sac à main ? Il lui servait de réserver à anti-dépresseur…
Tout doucement, sans que l’on y prenne garde, Maman s’est recroquevillée sur son cœur. Elle s’est flétrie jusqu’à ne plus rien voir autour d’elle. Ne plus être, mais végéter en attendant….
Comme une fleur de camélia dans son vase, avec Papa, on a mis de l’eau pour qu’elle ne fane pas. De l’eau bien propre, dans un réceptacle bien nettoyé tous les jours avec délicatesse, pour quelle ne se casse pas, avec beaucoup de soins...
Quand il faisait beau, on ouvrait la fenêtre pour que la jolie fleur profite de la douce chaleur des rayons du soleil. Quand le temps le permettait, on allait jusqu’à pousser le plaisir de sortir la douce fleur parmi celles du jardin…
Pendant 5 longues années, avec amour Papa a veillé sur son précieux bouquet, qu’il avait quelque peu négligé toute sa vie durant.
C’est vrai que lui, « l’homme du bâtiment », qu’est-ce qu’il y connaissait aux fleurs ? à leur délicatesse, leur fragilité, leur nécessité d’attention constante. Sans quoi, elles se fanent.
Sans que l’on y prennent garde... pour un matin s’assoupir parmi les pétales délicatement tombés sur le sol…
Maman s’est endormie un dimanche matin pour rejoindre ceux qu’elle a tant choyé et mieux veiller sur nous, de son jardin secret.
pour toujours, ta fille qui t'aime.
15 avril 2007
pour toi ...
Maman_1 "un petit clic 

je ne sais pourquoi cette photo prise dans la blogosphère (merci Annick.M.), m’a tout de suite fait penser à toi…
À vrai dire, je le sais… tu as toujours vécu entre ciel et terre.
Il y avait l’Amour de ta vie parti si tôt, trop tôt…
Et puis la réalité du quotidien, ton tablier gris…
Tu as traversé la vie, comme un pèlerin
Avec ton fardeau , tu as marché sur les flots,
Ivre du bonheur de te rapprocher de lui, pas après pas, années après années.
Le tout, dans la grisaille de l’attente…. Trop longue, trop triste…



pour vous 












