le blog de sylvie61

46 ans... et toute la vie devant soi ! le quotidien, les humeurs, les rêves d'une maman au travers de son histoire

05 octobre 2007

un peu (même beaucoup) de mo@ ou l'histoire d'une adoption réussie

Bonjour, en zappant de blog en blog depuis quelques semaines (et oui je suis tombée dans le syndrome Internet !), J’ai découvert des lieux d’écriture… de peintures… de dessins… de photos… bref, des lieux de paroles, d’échange.

Alors moi qui est vécue toute ma jeunesse sans frère ni sœur, je me confie à vous....  je l'avais fait sur un blog plus intime, secret...  aujourd'hui je me sens préte à regarder droit devant.

il me semble qu'il est temps de me présenter à vous.

Voilà mon histoire avec mes joies, mes pleurs.

Parler de soi n’est pas facile, et comme tous je ne trouve pas les mots pour commencer…

des idées ? Ma tête bouillonne.

Des souvenirs ? Ma mémoire en est remplie..

Mais, mettre tout cela bout à bout reviendrait à en faire un livre.

Et, je suis loin d’en avoir les compétences et la patience.

Alors je vais écrire au jour le jour. .. comme les souvenirs me viennent.

Merci de votre indulgence.

Ce mois ci j’aurai 45 ans.

L’autre jour une évidence ma soudain traversé l’esprit :

J’ai déjà vécu plus de la moitié de ma vie !

Oups, c’est violent… sentiment étrange du temps qui passe alors qu’on ne le voit pas

(enfin presque… dans la glace le matin, la garde robe ou la taille change, les difficultés à se lever le matin.. Ou à récupérer après une sortie un peu trop tardive… et j’en passe !)

Et oui, ma belle (tout au long du récit vous pourrez constater combien j’ai une haute estime de moi –je blague, mais je m’aime quand même !)

Alors comme un flash, mon regard s’est porté sur Hier.

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Je vais commencer par un dimanche au mois de mars, il y aura maintenant 7 ans. J’étais d’astreinte auprès de Maman… Grande malade toute sa vie, tant physiquement que moralement… pas épargnée par les duretés de la vie … elle perd son grand amour (quelque peu résistant) retrouvé massacré par les Allemands lors de la déblacle en Normandie –nous résidons dans l’Orne-… puis elle épouse P et apprend qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant…

Depuis ses 80 ans, elle ne veut plus de la vie. Ses os lui font mal, son esprit est torturé par la douleur, et les souvenirs… épuisée, elle se laisse porter.

Ainsi, il faut quelqu’un 24h sur 24 pour la veiller, l’alimenter, s’occuper de son corps malade… l’aimer.

Bien sur Papa est là, mais lui aussi est bien usé, et puis les tâches matérielles du quotidien cela n’a jamais été son domaine. Alors afin de leur assurer une retraite tranquille et sereine, des Dames se relaient à la maison toute la semaine.

C’était mon WE, quand soudain Maman ne bouge plus. Dans son fauteuil roulant, la tête légèrement inclinée vers l’arrière, elle semble dormir….

NON… enfin Oui, elle dort pour toujours, elle a enfin trouvé le repos qu’elle espérait depuis si longtemps (retrouver son Amour). Mais nous, on est là.

J’ai peur de la vérité. Maman n’est plu.

Je suis à la fois soulagée pour elle, qui vivait dans un état végétatif. Situation tellement pénible pour ceux qui sont auprès, impuissants et vivants… et mon cœur d’enfant saigne.

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Après, tout va très vite. L’ambulance pour la mener au funérarium. Prévenir les enfants encore petits à cette époque. La famille proche se réunit. Les adresses pour les faire-part. Et le soir Papa tout seul dans sa chambre (ils partageaient une chambre au rez de chaussée de la maison aménagée spécialement avec 2 lits médicalisés).

Le lundi matin, la maison de mes parents qui est voisine de la notre de quelques mètres, garde ses volets fermés. Inquiète je m’y rends. Papa est étendu par terre, contracté de douleurs.. il a du faire un malaise dans la nuit. L’ambulance, l’hôpital… il y restera aux urgences toute la journée. « Il n’a rien…une grosse fatigue », me dit-on.

Le lundi soir, notre amie très intime B m’appelle au téléphone, pour nous faire-part du décès de son mari Y (ami d’enfance de mon mari) qui luttait contre un cancer depuis 10 mois

Commence les allées et venues entre l’hôpital et Maman à la « la chambre Bleue ».

Comme la maison est vide ! j’ouvre ses armoires, avec beaucoup d’émotion Je découvre la tenue de Maman pour l’inhumation (mise de coté depuis tant d’année), et arrange la maison pour le retour de Papa.

Mercredi jour de l’enterrement, Papa veut absolument venir.

Il a une autorisation de sortir mais doit se déplacer en fauteuil roulant. Ce qui l’incommode fortement… le regard des autres (à cet age là, c’est très important !).

Dans l’église nous sommes au 1er rang, devant toute l’assemblée, l’odeur de l’encens m’incommode… La cérémonie est belle, émouvante, l’église est pleine….

Puis la solitude, le retour à l’hôpital avec Papa, qui ne dit pas un mot et a le nez qui coule…

Fragile des bronches, ça y est il a attrapé froid. On est bon pour une série de piqûres pour le remettre d’aplomb !

Le jeudi nous assistons mon mari et moi à la cérémonie funèbre de notre ami Y.

Le même jour, Papa me parle de Maman, et m’exprime ses émotions.

Tous les deux nous retrouvons la complicité d’antan. Comme si, il était soulagé de ne plus avoir sa compagne en souffrance à coté de lui… rassuré de la savoir auprès de ceux qu’elle a tant aimé (nous sommes catholiques peu pratiquants).

Le vendredi, je le surprends à plaisanter avec les infirmières, qui m’ont dit « le garder, car après de telles émotions, il est préférable qu’il se repose bien pour rentrer chez lui la semaine suivante. Mais il n’a rien ! »

A 6 heures du matin, le téléphone retentit dans la chambre.

Nous avons peur à une mauvaise nouvelle car la Mamie de mon mari est hospitalisée depuis quelques mois et va très mal.

… »Madame R, si vous pouvez venir, votre père ne va pas bien : …

Sans réfléchir, je m’habille, 15 minutes après je suis devant l’hôpital… la fenêtre de la chambre de Papa est allumée. A cette heure là, on repère bien les fenêtres allumées.

J’arrive devant à l’étage.

Devant la porte de Papa, des grands paniers jaune renfermant le linge sale… dan l’occurrence des draps… la porte ouverte…

… »Madame R, votre Papa est décédé sur le matin… !

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J’entre dans la pièce… Papa est allongé sur un lit tiré au cordeau….

Pas un faux plis… tout est silencieux…

Je n’ose même pas m’approcher. Ce n’est pas lui. Cet homme ne lui ressemble pas.

Hier, il souriait et aujourd’hui plus rien !

Je ne suis pas prête, on n’a pas eu le temps de tout se dire…

Mon mari arrive soudain, et je m’effondre dans ses bras.

Autour de nous, le service hospitalier se fait de plus en plus bruyant… les petits déjeuners, les médicaments… le cliquetis des chariots…

dans la chambre nous sommes seuls… comme 2 enfants abandonnés…

Papa et mort … je suis maintenant seule. Abandonnée une fois de plus !.

Mais non, j’ai toute ma famille autour de moi.

A nouveau le téléphone, les visites, les faire-part…

… « Quoi ? C’est une erreur. Vous m’avez envoyé 2 fois le même ! Non, c’est pas Maman, c’est pour Papa…. Non sans rire (il y a des expressions !)

Au mon dieu, pardon ! …Y a pas de quoi ! »

Et puis il y a la compétition de gym de J ce dimanche..

« je vais la faire, pour Papy je vais gagner… tu sais, c’est lui qui m’a appris à faire de la barre… tu te rappelles celle qu’il avait installer dans son jardin »…

Elle a tenu parole. De ses 8 ans, elle a fait sa compétition et émue, elle est montée sur la 1ere marche du podium

De retour à la maison, c’est la tristesse… les préparatifs de l’inhumation… et Jul. qui nous dit le soir au cours du dîner..

»Papy, il aimait tellement Mamie, qu’il est parti la rejoindre »

Je l’ai serrée dans mes bras. On a beaucoup pleuré. Mais ce n’était plus des larmes de tristesse, mais d’apaisement devant cette évidence : Papy aimait tellement Mamie…

Merci ma chérie, tu as par ces mots donné un sens à la mort, et tu en as apaisé la peine.

Depuis, quand je pense à l’un j’ai forcément le visage de l’autre qui apparaît en arrière plan, et mon cœur se gonfle d’amour.

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La vie est ainsi faite. Toujours pleine de surprise.

Comme se plaisait toujours à le dire Papa : « Pas de programme ! ». il avait raison, et aujourd’hui bien souvent cet adage se rappelle à moi.

Quoiqu’il en soit, « après la pluie vient le beau temps…  n’est ce pas » Il faut toujours positiver. Si brutale soit cette disparition, ces 2 départs successifs ont fait place au bonheur de les savoir pour toujours réunis.

Je n’aurai pas eu à supporter la maladie, l’impuissance à faire les simples gestes du quotidien… voire la déchéance physique… la tristesse dans les yeux de celui qui est resté… le désarroi de celui qui est seul à table devant son assiette et son bout de fromage… les longues journées interminables dans le fauteuil à attendre de retrouver l’autre…

Merci,… encore une fois merci pour ce sacrifice. Cette douce attention que tu m’as toujours apportée. Cette protection dont tu as su m’entourer… Cette main que vous m’avez tendue un jour de novembre 1964

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Et oui, je fais parti de ces enfants que l’on dit « nés accidentés » .

Ma vie a commencé un après midi de novembre 64, dans les bras de Monsieur et Madame L venus me chercher à l’orphelinat avec un nounours.

J’avais alors 2ans ½ et je ne parlais pas.

Petite brunette, au visage rond je regardais partout autour de moi avec dans les yeux la crainte et l’espoir du « tu vas avoir une nouvelle famille. Tu verras, tu y seras bien » !

Et bien OUI, j’ai été heureuse, et aujourd’hui encore je m’y sens bien dans cette famille qui est petit à petit devenue la mienne.

Tout de suite, j’ai été accueillie à bras ouverts. On a fêté mon arrivée.

Les cloches ont sonné à toute volée pour annoncer le grand bonheur de P. et A. qui avait une fille. Je suis devenu la petite dernière d’une famille d’une grande mère, de 6 oncles et tantes, 13 cousins et cousines du coté de Papa, quant au coté de Maman, plus réservés j’avais également 6 oncles et tantes et plus d’une vingtaine de cousins et cousines.

Pour tout vous dire, un peu la petite chouchoute… ça se vit bien et rassurez vous, on en guérit !

De mon enfance, j’ai des souvenirs de tendres moments de complicité avec ma grand mère qui est décédée quand j’avais 6 ans… un refrain, une chanson « mon petit jardin ».

Puis vient l’adolescence… qui s’est passée, plutôt sereinement… j’étais ce que l’on appelle une jeune fille sage.

En avançant dans l’age, je me suis émancipée jusqu’à devenir indisciplinée à l’école, frôlant souvent l’insolence (mais jamais irrespectueuse )! Plutôt meneur de troupe, j’étais connue comme le loup blanc.

Insouciante, choyée, aimée, j’ai traversé les étapes de la jeunesse sans encombre.

J’ai terminée mes études pour commencer aussitôt le fabuleux métier d’institutrice. Mais, incapable de me soumettre à un tel fonctionnement (où, à mon humble avis, il n’y a pas assez de social et respect de la personne), j’ai bifurqué vers le métier d’éducateur spécialisé. Profession que je pratique toujours à l’heure actuelle.

Bien sur, j’ai eu quelques aventures, j’ai fait des pitreries… mais rien d’extraordinaire.

J’ai eu ce que l’on appelle dans les « livres psy » : une enfance et adolescence banale.

A la différence des autres enfants, que je savais que Papa et Maman n’étaient pas mes parents naturels, mes Vrais parents comme on dit !

Oui, j’ai toujours su qu’ils m’avaient adoptés, et que cela était passé devant le tribunal… »

Que ma Mère naturelle n’avait pas pu me garder car, elle devait se marier et que son futur mari ne voulait pas de moi. Elle avait du faire un choix… mais c’était une bonne et brave femme, issue d’un milieu ordinaire convenable « .

Pas de secret, tout est dit. De ce fait, je n’avais rien à rechercher… j’avais l’amour, l’affection et la vérité… mais il me manquait quand même quelque chose de bassement matériel : ma tête avant 2ans 1/2. !

A chaque rentrée scolaire, en primaire c’était la même chose… on fait une arbre généalogique. Et revoilà de hic : j’ai pas de photo de moi bébé !

Re-belotte de tout expliquer, « ça te gêne pas ? Et patati patata »… Mais non ça ne me pose pas de problème, excusez-moi  tout va bien !

Jusqu’au jour où, j’ai eu mon deuxième enfant J. une petite fille…

« Qu’est-ce qu’elle te ressemble… elle est si mignonne » !

J’étais peut-être comme ça quand j’étais petite ? Et elle m’a laissée !

Pouah, ça fait mal… petit à petit le besoin de savoir, de voir l’hérédité, fait son chemin. …

Ma première grossesse s’est passée sans encombre. Persuadée que se serait un garçon nous avions décidé de l’appeler S. Par contre, si cela s’était avéré être une fille, j’avais toujours dit qu’elle s’appellerait C. Comme mon vrai prénom.

Et oui, j’ai eu ce privilège (si on peut dire, possibilité lors d’une adoption plénière) de changer de prénom. Ainsi de C. je suis passée à Sylvie sous les hourras de toute la famille.

Seulement voilà, S est né et le désir s’est éteint avec la naissance de ce petit garçon.

Comme si l’enchantement était rompu ?

La troisième grossesse a donné le jour à Jul.  A nouveau le passé vous rattrape :

Tout le portrait craché de sa mère mais blonde !

Peut-être du côté de mon mari, sa sœur est blonde et l’arrière grand mère aussi ?

Ouf, ça rassure quand même un peu ! Seulement l’avenir nous apprendra qu’il en est tout autre !

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Avant de continuer plus loin, sur la recherche de mes origines, je me dois de parler de mes parents.

Parfois, quand dans ma tête je refaisais le monde, ils n’étaient pas exactement les parents que j’aurais choisis. Ma mère était belle, blonde (l’idéal féminin ? A méditer !), pleine de talents, souriante et rieuse…. (Sur des photos découvertes plus tard, j’ai découvert combien elle était une belle jeune fille et une mariée radieuse)

Mon père ne changeait pas beaucoup, à la différence prés qu’il n’avait plus de problème de santé, n’hibernait pas dans sa chambre les ¾ du temps, qu’il était plus souriant… bavard et surtout moins casanier !

( je parlerai de Papa une autre fois, il y a tellement a dire sur le personnage fantasmagorique qu’il était quand il était en bonne santé)

J’enviais, quelque fois, mes camarades et la jeunesse de leurs parents.

Entre les miens et moi, il y avait plus de 40 années de différence d’où, tout un décalage de génération…

J’ai souvent été en désaccord avec eux, et plus je grandissais plus j’en souffrais.

Mais cela ne durait jamais très longtemps. Car voilà j’ai « la positive attitude ». Je suis tomber dans la marmite du Positive Tout !

Qu’est-ce que je les aimais, qu’est-ce que j’ai… et j’admire toujours Papa pour sa culture générale, son libertinage intellectuel face auquel, aucun sujet n’était tabou… son humour, ses talents artistiques, sa générosité d’âme…

Pour tout ce qu’ils m’ont appris sur la vie, la vraie… celle de tous les jours, sans artifice, simple, au jour le jour, avec un surplus d’écoute et d’attention pour l’autre, tout ce qui nous entoure… et surtout, avec modération et respect .

Qu’est ce que je les aime… Je crois que je ne leur ai jamais dit de vive voix combien j’ai été heureuse avec eux….

Combien je le remercie d’avoir jalonné ma vie des fondements qui m’ont fait telle que je suis aujourd’hui… cette pudeur des sentiments, ils me l’ont transmise par la non-mise en avant de leur geste d’adoption…

L’oubli d’eux même, quand ils me parlaient de cette Mère naturelle, en des termes affectueux et aimables…. Ne jugeant jamais, mais plutôt, excusant et pardonnant… jusqu’à comprendre mon souhait de faire un jour des démarche pour ? Mais le faire.

Combien je regrette qu’ils soient partis si vite…. J’avais encore tant de chose à partager avec eux… tant de bonté à leur rendre. Combien ils me manquent !

Ainsi en moins d’une semaine j’ai du devenir grande, responsable.

Bien que maman moi-même, je devenais maintenant la référence de mon côté familial

(vous savez ce sentiment qui vous tombe dessus lors des repas de famille quand vous constatez que vous approchez de plus en plus du bout de la table… celui qui est à l’opposée des Jeunes !). …

plus de grands parents, plus de parents…rien que Moi ! et voilà ma fille, il faut continuer.

Alors j’ai poursuivi le chemin que nous avions débuté ensemble il y a quelques années… Forte de mon paquetage familial, j’ai cherché à prendre contact avec les services sociaux de mon département afin d’accéder à mon dossier d’adoption.

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Que d’émotions à vous narrer mon histoire, j’ai été chagrine toute l’après midi. En plus que nous sommes allés avec les adultes du CAT où je travaille, voire un film (JIBURO) à la Médiathèque parlant des relations entre une grand mère et son petit fils … j’ai versé ma larme.

J’ai donc envoyé un courrier (c’est plus anonyme), demandant quelles étaient les démarches à suivre afin de consulter mon dossier aux affaires Sanitaires et Sociales du Département ?

A peine 1 mois plus tard, j’ai reçu un appel téléphonique me proposant un Rendez-vous pour le mercredi suivant.

Impatiente, j’ai attendue le jour de rendez-vous avec une certaine sérénité intérieure malgré tout. Il est vrai que j’ai toujours exprimé ce désir de connaître mon Histoire.

Du vivant de mes parents nous en avons souvent parlé. Pour eux je ferai une bêtise en mettant le nez dans tout ce fouillis de paperasserie. Mais, si cela était mon choix, ils le respecteraient !

Maman semblait plus inquiète que Papa… dans leurs relations, ils avaient connu de pareilles situations qui avaient tourné au désastre… les retrouvailles s’étant très mal passées.

Bien que je leur exprime mon attachement, qu’ils étaient et resteraient toujours mes seuls et vrais parents.. Qu’en aucune façon il ne s’agissait de les remplacer… Maman était toujours inquiète à ce sujet. C’est pourquoi, par respect pour eux, leurs sentiments…. J’ai attendu qu’ils ne soient plus pour entamer les démarches suivantes pour Connaître :

-Mon lieu de naissance (je pensai être née dans le sud de la France, car m’avait on dit, « géographiquement on éloigne les enfants adoptables de leur lieux de naissance afin d’éviter tout quiproquos »)

-L’heure et le déroulement de ma naissance

-Des photos… des photos… 1 photo même toute petite… 1 négatif

-Moi qui ai toujours souffert (en silence) de la solitude de la fille unique, j’avais peut-être des frères et sœurs ?

-Quant au restant… je ne manquais de rien puisque j’avais eu… l’amour, l’éducation, une situation matérielle confortable.

Vous me direz que je n’ai pas attendu bien longtemps ?… presque une année… car

Il m’a fallu affronter mes phobies. Après le décès de Papa, je me réveillais brusquement en début de nuit. Haletante… la peur de ne pas se réveiller… de mourir dans mon sommeil… J’ai eu des pertes soudaines de respiration… et puis, j’ai continuer à m’arrondir !!!

Mais, petit à petit, l’amour de mes proches, (et une psychothérapie personnelle) m’ont permis de retrouver un moral de battante. Mon désir de toujours regarder de l’avant a repris le dessus… Je ne dis pas que je n’ai plus de phobie… mais je contrôle (enfin, le plus possible !)

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Donc, me voici partie à ce rendez-vous à la DDASS. A l’entrée d’un vieux bâtiment, je suis dirigée vers le 2ème étage où m’attend un monsieur de 50ans, à la barbe noire.

Fort aimable, il m’accueille et me propose de m’asseoir à coté de lui, devant un bureau sur lequel trône un vieux dossier, pas très épais !

J’ai le sentiment soudain que ma vie se résume à pas grand chose. Je m’attendais à un volumineux et très gros dossier. Hors, il est mince… misérablement, tristement mince !

Moi qui pensait être un Personne importante, (j’avais quand même été choisie parmi d’autres candidats à l’adoption !), je tombe brusquement de mon nuage, pour rejoindre le commun des mortels ! (quand je vous ai dit tout au début de mon histoire, que j’avais une haute opinion de moi, je ne vous ai pas menti ! Voyez comme je suis surprise, déçue, et triste à la fois d’être quelqu’un d’ordinaire… Alors que c’est tellement plus facile à vivre de passer inaperçu plutôt que d’être sous les flash !)

C’est moi qui ouvre le dossier.

La 1ere feuille est une fiche d’état civil confirmant ma date de naissance mais pas le lieu.

La 2ème feuille est une autre fiche d’état civil (mise là par hasard ?) indiquant l’existence d’un C. né en 1960 et portant le même nom de famille que moi.

Il y a ensuite des courriers de Papa et Maman s’inquiétants de l’avancée des démarches, remerciant pour l’attention qui est porté à leurs courriers…

A ce moment, Combien je les aime et je m’imagine leurs angoisses, joies de l’attente.

Un vieux carnet de santé bleu… qui nous apprend que j’étais une enfant chétive qui a fait du sanatorium… « plutôt comique quand on me connaît ! »… et que j’ai fait 2 placements en nourrice…

Une autre feuille, signée de la main de ma Mère naturelle reconnaissant

le placement de sa fille et renonçant à tous ses droits parentaux.

Et puis, sur le tas de feuilles grisâtres, une enveloppe blanche datée de 1996.

Aussitôt je calcule, et je me dis : « ma Mère naturelle est morte, c’est le faire-part … et bien comme ça l’histoire est close… je reste sur « ma faim » ou plutôt « ma fin », enfin comme on veut !

Mon voisin prend l’enveloppe et me dit : »ce courrier nous est arrivé au Service en demandant qu’il ne soit ouvert que par l’intéressé en présence d’une personne des Services Sociaux. Je vous la donne. Je ne sais pas ce qu’elle contient. A vous de l’ouvrir.

Quelque peu tremblante à l’ouverture de cet inconnu, je décachette et trouve un papier sur lequel sont écrits les mots suivants :

Si ma fille veut me retrouver qu’elle contacte les Services Sociaux qui feront le nécessaire…. Avec un N° de téléphone pour finir.

Et ben, me voilà bien !

J’ai quelque part, (pas très loin 50 KM) une Mère qui attend un appel de Moi…

Une chaleur intérieure m’envahit. Un nouveau sentiment me traverse, celui d’être attendue, désirée par ses proches… c’est à dire connaître le lien du sang ! pas celui de l’attirance, de la sélection… mais celui du sentiment naturel… celui qui ne s’explique pas, que l’on a en soi, que l’on hérite en naissant… enfin il me semble ?

Respectant mon silence, le travailleur social me regarde et attend une réponse.

Je lui réponds bêtement, sur la défensive… « je n’ai rien demandé moi, et je ne suis pas prête à m’occuper d’une femme de + de 60 ans… en plus je ne sais rien d’elle. Je vais pas débarquer comme ça dans sa vie. Elle a sûrement construit une famille. Peut-être qu’ils ignorent mon existence… alors vous imaginez le bazar ?

Est-ce que vous pouvez vous renseigner de votre coté, et vous me tiendrez au courant » ?

Sur ces paroles nous nous quittons en se promettant de se rappeler dès qu’il aura des nouvelles.

Je rejoins ma voiture avec… » rien dans les mains », mais beaucoup de dates, d’incompréhensions dans la tête. Et je pleure sur le volant.

J’ai 1 demi-frèree de 2 ans mon aîné. Nous portons le même nom de famille… Quel bonheur !

En calculant bien, nous avons du passé 2 années ensemble avant mon abandon.

Il doit se rappeler de moi. A 4 ans, on a des souvenirs.

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Tout cela m'est difficile à raconter.. j'ai l'impression de faire de l'exhibitionnisme... cela ravive tellement les souvenirs... et mon impuissance à changer le cour des choses !

Je suis plutôt du genre directive, et pas du genre à attendre, mais plutôt à prendre l'initiative. en général je crois "contrôler" ma vie. Seulement là, j'ai le sentiment de subir sans rien pouvoir faire. Je suis désemparée.

J'aime mes parents adoptifs plus que tout au monde... et maintenant j'ai l'opportunité de rencontrer ma Mère naturelle... Quels liens allons-nous tisser ? Comment est-elle ? Quelle moralité a-t-elle ? Est-elle fatiguée, malade, en bonne santé ?

Que de sentiments contradictoires, ai-je commis une erreur en entament ces démarches ? et si, et si....

Et puis flutte, cela devait arriver, alors c'est reparti, on continue !

J'ai tout d'abord j’ai essayé de retrouver les familles d’accueil où j’avais été placée. Seulement cela faisait maintenant 40 ans, alors elles étaient décédées toutes les 2.

Quant à retrouver trace de mon ½ frère, je n’avais pas d’autre solution que lancer un appel sur le Net… ce qui m’a fait peur. Alors j’ai abandonné !

Pour ce qui est des nouvelles des services sociaux, je n’en avais aucune. Au bois de 2 ou 3 mois, je les ai appelé au téléphone, pour m’entendre dire qu ‘ »il avait fait toutes les maisons de retraite de la région… appelé au N° indiqué mais aucune réponse ».

Désappointée, j’ai du admettre que j’en avais appris suffisamment sur mon histoire et que cela en resterait là. Après tout, c’était pas plus mal, me rassurais-je afin de continuer à vivre. Et ma vie qui s’était emballée, a sagement repris sa route.

Jusqu’au début d’année 2002 où nous avons reçu les nouveaux annuaires téléphoniques. Toujours aussi curieuse j’ai feuilleté les pages jusqu’à l’adresse de ma Mère Biologique. Et là, surprise… il y a son nom, l’adresse correspond à ce que j’avais sur mon petit papier et…. Et un N° de téléphone !

Ouah ! J’ai l’estomac noué !

Bon ben… on va pas en resté là ? Alors fébrilement je compose le Numéro. Je n’attends pas longtemps pour entendre la voix d’une femme qui me dit « allô ? »

Paniquée je raccroche aussitôt… j’ai le cœur qui cogne dans ma poitrine… je tremble de partout. Enfin j’ai l’impression, car autour de moi, personne ne remarque rien ? Donc ça doit être dans ma tête… ça se bouscule !

Qu’est ce que je fais ? Je cours chercher le N° des Services Sociaux et je le compose pour interpeller mon Assistant Social de la Sorte ?

… » Vous en êtes où de vos recherches ? … j’ai abandonné… je ne trouve pas….Avez vous reçu le nouvel annuaire ? parce que moi Oui… et savez vous ce que j’ai découvert ? à la page N° . il y a bien le nom de Madame Z et En plus, si vous appelez… Oh surprise.. on vous répondra ! … par contre vous ne faites pas comme moi, vous ne raccrochez pas ! »

C’est vrai que je suis pas très aimable… mais tellement bouleversée que, j’en perds toute éducation… (OK, c’est pas une excuse!)

Bon je vous laisse, et j’attends de vos nouvelles, merci.

J’ai attendu… des jours, des mois, enfin pas très longtemps. Un lundi soir que nous amenions les enfants rejoindre leurs grands-parents au camping pour les vacances d’été. Mon portable sonne dans mon sac. Je décroche (je suis passager, je peux le faire !). une voix m’interpelle :

« Madame R, pouvez vous venir mercredi au Service Social pour un rendez-vous ?

Ben non, je travaille… dommage, vous auriez pu rencontrer votre Mère… SILENCE… S I L E N C E…. Je vais m’arranger…. 10 heures… merci «

Ouah ! c’est troublant… ça secoue !

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­­­dans la voiture je n’ai rien dit à mon mari…. Durant la soirée je n’ai rien dit…. Pendant le repas, je n’ai rien dit…. Mais dans ma tête ça bourdonné, ça gambergeait, ça ruminait, ça cogitait….réfléchissait. Nous avons embrassé les enfants et pris le chemin du retour. A peine ¾ d’heure pour en parler avec mon époux.

« Voilà, j’ai eu le mec de la DDASS et j’ai rendez--vous avec ma Mère biologique mercredi matin… »

qui vais-je trouver en face de moi ? les images du film « la vie est un long fleuve tranquille « se bousculent dans ma tête… si je tombais dans une famille comme les Groseilles… si c’était une ancienne Putain… une handicapée mentale abusée…. Une SDF… si…. Si …si 

Médicalement parlant ça ne va pas très fort. Mardi j’ai fait un début de malaise au boulot… j’ai ressenti comme un coup de poing dans la poitrine.. et tout à tourné. Intérieurement je tremblais, j’avais très chaud et la tête en fusion… je me suis assise 5 Mn et j’ai repris l’animation de mon groupe, qui était inquiet de me voir si pâle !

Le midi j’ai rencontré mon médecin. Il m’a pris la tension. J’étais à 17 quelque chose. Depuis, j’ai un traitement à vie pour la tension.

Ne parlons pas du sommeil. Je ne dors plus. Enfin je somnole !

Au boulot, ne travaillant les mercredis après-midi, j’ai demandé mon Mercredi matin pour des raisons personnelles. Il m’a été accordé.

Mercredi matin, je me suis réveillée sereine… tranquille. J’étais d’humeur paisible. Vous savez, se ressenti de quiétude qui vous envahi après une tempête. Comme si la tempête était passée… J’étais apaisée.

J’ai pris le volant vers 8 heures1/2. tout le long du trajet, je ne pensais à rien de bien précis… mais je n’avais plus peur…. Je n’étais plus envahie par ces ignobles fantômes qui me pourrissaient l’esprit. J’allais rencontrer une femme… comme les autres femmes… ni plus ni moins bien… une inconnue que rien ni personne ne m’autorisait à juger… quelqu’un qui avait aussi peur que moi de la réalité…. Qui se posait sûrement les même questions… un être humain avec toute une vie derrière elle, et peut-être un morceau d’avenir à peindre ensemble…. Ma Mère !

Cette fois la réceptionniste m’a accueille plus chaleureusement. Je pense que ce genre de rencontre n’a pas lieu tous les jours…. Et que, pour les Services Sociaux, c’est une Réussite.

Elle m’accompagne jusqu’à l’ascenseur qui me dirige vers le 2ème étage où mon Assistant Social me guette au travers d’une porte entre baillée.

« Bonjour Madame R, vous avez fait bon voyage ?… des banalités, que des banalités…

Votre maman attend dans la pièce, à côté… je l’ai reçu il y a une petite ½ heure. C’est une femme très malade, et bouleversée… je lui ai expliqué le but de votre démarche…. Elle est tout à fait prête à vous rencontrer… Elle s’appelle Madame Z. et habite à quelques pas de là… C’est maintenant à vous de décider d’ouvrir cette porte ou non »!

Je suis venue jusque là, c’est pas pour repartir maintenant.

J’ai ouvert la porte, et croisé le regard d’une femme inquiète, assise dans un fauteuil devant un bureau métallique, froid, grand, déraisonnablement grand dans cette petite pièce… où est assise une toute petite femme qui se lève en se dirigeant vers moi la main tendue… « Bonjour C., a oui c’est vrai tu ne t’appelles plus C. mais Sylvie . « !

« Bonjour Madame ».

C’est sorti de ma gorge, monocorde, terne, sans expression… un sentiment bizarre (que j’ai ressenti d’autres fois après) me frappe : j’ai mon portrait en face de moi !

Là devant moi… la même forme de visage, le même nez, la même bouche… et la couleur des cheveux de Jul. !

Pouah ! c’est brutal. Dans ma tête, je vois le visage de ma Mère et aussitôt dans mon cœur j’ai le visage de Maman qui apparaît…. Je pense Mère Naturelle et je vois le visage de Maman… Je parle, je réponds aux questions mais dans mes yeux de voie les visages de Papa et Maman.

Face à cette femme qui m’interroge « et maintenant qu’est-ce-qu’elle compte faire ? »

Je suis brutale, cassante ! Je déteste se ton impersonnel, et ne supporte pas d’être interpellée de la sorte, par ce pronom indéfini ELLE…j’aurais mieux aimé Vous…. Tu ?

Alors je me protège… et je fais mal :

« pour commencer, que les choses soient claires, vous n’êtes et ne serez jamais ma Maman. J’ai une famille que j’aime plus que tout. Un Papa et une Maman qui sont décédés, mais dans mon cœur, ce sont eux mes vrais parents…. J’ai entrepris ces démarches afin de connaître les 2 années ½ qui ont précédé mon adoption. De l’amour j’en ai eu. Je suis mariée, j’ai 3 beaux enfants…. Si vous le voulez, on pourra peut-être faire un bout de chemin ensemble. Vous savez cela peut devenir comme pour les familles reconstituée. Vous deviendrez une nouvelle branche de mon arbre généalogique… au mieux nous serons des amis… mais jamais je ne pourrais vous appeler maman ! «

Tout pendant que je parlais, Je l’ai regardé mais je ne la voyais pas. C’est comme si mécaniquement j’essayais de me déculpabiliser de vouloir retrouver ma mère alors que j’avais déjà une famille… Comme si, je voulais me protéger du risque de tisser des liens… de la crainte de l’aimer… moi qui avais eu tout ce qu’une enfant pouvait attendre de la vie… l’amour, l’éducation, l’enseignement de la connaissance, l’abri des besoins matériels par mes parents adoptifs…. Qu’est-ce que j’avais fait ?

C’est comme si je les reniais…. si je mettais de côté tous les sacrifices moraux et humains qu’ils ont dû faire avant mon adoption… tout le temps qu’ils ont passé à me veiller, m’élever, me soigner, me guider, m’orienter sur les chemins de la vie, m’aimer…

Non. N O N…, Sylvie tu as bien fait… le temps va apaiser tout cela…. Avec tes parents tu as connu la saison du partage, de l’amour riche de s’être choisi, désiré… Maintenant forte de tout ce qu’ils t’ont transmis, tu vas pouvoir gérer cette nouvelle étape de ta vie... Non tu ne les oublies pas, au contraire, tu sens bien qu’ils sont là et t’accompagnent dans tout ce que tu fais… N’ont-ils pas été les premiers à te montrer qu’il faut tendre la main vers l’autre…. Sans jugement… essayer de faire route ensemble… laisser les sentiments s’installer, doucement, au rythme de chacun, sans brusquerie, mais avec honnêteté et respect.

Devant notre trouble commun, l’assistant social, qui nous avait laissé seules dans la pièce et, était revenu depuis, a pris la parole :

« vous allez devoir apprendre à vous connaître. Je vous prose de vous écrire, téléphoner… pour commencer… ensuite vous verrez. Mais allez doucement ».

Sur ces paroles nous nous sommes quittés, et j’ai repris le chemin du retour… JE ne sais plus, je crois que je suis partie seule et qu’elle est restée avec lui ?

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Dans la voiture je repensais à notre rencontre… combien je lui ressemble, et oh combien j’avais été cruelle avec elle ! en tant que mère moi-même, j’imaginais qu’elle était sa tristesse… pour la 2ème fois elle perdait sa fille. Mais cette fois, ce n’était pas de son fait mais celui de la chair de sa chair. Pauvre femme, elle me faisait de la peine… mes mots avaient été si cinglants. En 10 minutes elle apprenait que je ne m’appelais pas C. mais Sylvie. Que la petite fille qu’elle avait quittée à 2ans était devenue une femme au caractère bien trempé ! Que j’avais été et que j’étais heureuse dans une famille qui m’adorait… et que je ne me considérais jamais comme sa fille ! Que cela a dû être difficile pour elle.

Mais je ne pouvais, je ne peux pas lui mentir. Notre relation si elle doit exister, se doit de démarrer sur des bases solides et le mensonge ne peut avoir sa place. Il ne serait pas correct de laisser espérer des sentiments qui ne peuvent se réaliser. Je crois avoir été honnête en disant que nous deviendrons peut-être des amis. Il me semble que bien des fois des amis s’entendent mieux et s’aiment mieux que des parents que les liens de sang obligent à se fréquenter !

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Aujourd’hui samedi, tout habillés de jolis vêtements d’été nous partons pour fêtes les 40 ans de B. Cet anniversaire va peut être permettre de faire de nouvelles connaissances.

Pour tout vous dire, les enfants ne sont pas très chauds à l’idée de passer la journée entière là-bas et mon mari non plus !

Dès notre arrivée… le climat est tendu. C. arrive vers moi avec sa femme. Et m’annonce être sans ses enfants, et qu’ils ne restent pas.

Il leur est impossible de restés… d’autant plus que D. les a agressés verbalement.

Ils sont venus chercher un tracteur et voilà !

Surprise.. Je m’entends encore répondre que c’est dommage de ne pas pouvoir se voir.. mais que s’ils sont dans la région… ma porte leur est ouverte…

A mon étonnement, ils m’annoncent ne quitter la région que demain et pouvoir venir passer la journée avec nous dimanche. J’acquiesce… ils partent vers la maison.

Comme cela laisse à présager… c’est une journée pourrie !

Tout d’abord B. est de mauvaise humeur car son frère la traité de…. Accusé de…

Son épouse est effondrée et fait son possible pour que la fête soit belle !

Ma mère naturelle tiraillée entre ses 2 fils, prend le parti de C. Quant à A. il est absent, tant son silence est profond…

Le seul coté positif est la rencontre entre tous les enfants présents… qui heureusement pour eux, ne semblent pas porter le même fardeau que leurs parents…. Ainsi ils ont joué, chahuté, chanté, dansé tant et si bien que le soir J. était invitée à passer la nuit sous la tente avec ses « cousins et cousines »… il était convenu que je revienne la chercher dans la matinée le lendemain.. Bien sur, pas un mot du rendez-vous avec D. (je n’ai pas eu de crainte à laisse J. chez ma Mère naturelle, sachant que C. son épouse et ses 3 enfants seraient également présents.)

Avec mon mari, pendant toute la journée, nous avons ressenti le même malaise.

Celui qui m’envahissait et ne me quittait plus, chaque fois que je rencontrais ma Mère naturelle. Celui d’être spectateur de mon propre film…

Qu’est ce que l’on faisait là ? dans cette assistance bruyante où les hommes plaisantent d’histoires cochonnes… teintées d’une sombre couleur de racisme… arrosées de pichets de vin et de bière à en rouler par terre. Le tout, abreuvé d’encore plus fort, encore plus chère, encore mieux !!!

C’est à partir de ce moment que la vérité se fait jour… qu’est-ce que tu fais là ?

Comment peux tu défendre l’idéologie familiale qui est le tien, et plaisanter avec ces gens là ? Comment inculquer à tes enfants des idées de respect, d’écoute, d’égalité et leur imposer les propos de ces gens là ?

Tout se bouscule… mais surtout une idée s’impose à moi.

C’est ta famille génétique mais en rien, tu ne dois l’imposer à tes proches… tu as essayé. Maintenant, il faut passer à autre chose.

Moi, j’aurai la force de caractère de faire avec…

mais, mes enfants, mon mari, ils n’ont en rien à subir cela.

La journée a été longue, très longue…je n’ai jamais autant fait la vaisselle de ma vie, pour échapper aux insinuations de la femme de A. qui accusait Z. de détestait ses filles, ou m’expliquait que la femme de C. était jalouse de sa sœur, qui avait dit que … que Z. avait été très méchante avec eux, ne leur pardonnant pas la découverte de mon existence… allant jusqu’à refuser de les voir pendant 7 ans, et n’acceptant leur retour que par un pardon à genoux de leur part…

Aux premières lueurs de la nuit, j’ai demandé à Z. de me retrouver dans le jardin, avant de partir. Je lui ai expliqué, qu’il y avait trop de sous-entendus, de non-dit entre eux.

Que je ne serais jamais une balle que l’on se renvoie de l'un à l'autre.

Je ne pouvais plus supporter d’être la confidente de tous, et qu’ils m’étaient insupportable d’entendre les accusations dont ils se couvraient mutuellement.

Pour que notre relation puisse continuer à cheminer… il me semblait impératif qu’ils parlent entre eux et qu’ils s’entendent afin que je puisse trouver une petite place…

et comme Maman me l’a toujours dit :

« balaie devant ta porte avant d’interpeller ton voisin «

Nous sommes partis, sans J. à qui j’avais fait toute mes recommandations… et dit qu’au moindre soucis, elle appelait et nous arriverions dans l’heure.

Je pense que je me dois de vous parler un peu de mon histoire telle qu’elle m'a été racontée par Z. et son mari

A cette époque, les moyens contraceptifs n’étaient pas ceux de maintenant. Ainsi Z. a eu un fils avec un homme qui n’a pas voulu de l’enfant, et ne la rendait pas heureuse. Travailleuse, elle est partie l’élever seule.

Puis 2 ans, plus tard elle attend un enfant d’un homme qui fait son service militaire dans la région. Il n’est pas encore informé qu’il décède dans un accident de train… pas de chance il était question de moi !

Pas question de demander de l’aide à ses parents, donc elle se retourne vers les Services Sociaux de sa région. Qui lui propose un logement et du travail.

Puis, elle rencontre son futur mari et tombe à nouveau enceinte… avant le mariage. Pas de problème si ce n’est que le futur nid d’amour, est trop étroit pour recevoir de nouveau né… il faut partager, alors la belle-mère de Z. suggère de confier la fille aux Services Sociaux du département afin de gagner de la place. Ce qui fut fait !

Mais là, l’affaire se corse…

certains diront, qu’ils ne m’ont pas abandonnée définitivement et que les papiers qu’on leur a fait signer l’ont été dans l’unique but de leur enlever leur fille à leur insu… que sur aucun papier il n’était question de renoncement aux droits légaux d’une mère vis à vis de son enfant ! que l’on a payé pour m’enlever, et qu’ils devaient avoir des relations pour…

… d’autre diront qu’ils m’ont adoptée en tout état de cause et qu’après 2 années de placement temporaires chez eux, j’ai été adoptée par une démarche de légalité au tribunal du département avec publication Officielle, et statut d’adoption plénière.

Toujours est-il que Z. jure tous ses grands dieux, être revenue pour me chercher au bout de 3 jours, « car (comme dit son mari)… on avait décidé de passer outre la volonté de la grand-mère et puis on allait s’arranger pour la place «

Seulement voilà, il n’y avait plus d’enfant ! « placée qu’elle était dans une bonne famille de menuisier », a-t-on répondu à ses questions.

Alors à partir de là, ils ont fait tous les menuisiers de la région, des départements voisins… et Z. a petit à petit sombrée dans la maladie.

Quant à moi, j’ai bien été adoptée par une famille de menuisiers, (de la région). Où j’ai vécu, heureuse, choyée par des parents qui m’adoraient, des oncles et tantes qui m’aimaient et des cousins et cousines qui m'appréciaient sans détour… je n’ai manqué de rien… si ce n’est que peut être aujourd’hui je dirais que la seule chose qui m’a fait défaut c’est le câlin, le contact physique… la caresse, la tendre chaleur des bras qui vous enveloppent de tendresse… mais leur pudeur, de parents quarantenaires n’osait pas… et je ne leur en veux pas du tout…. Au contraire, j’essaie d’être encore plus présente auprès de mes enfants… tout peut basculer si vite !

Ainsi donc, je suis le manquement de Z. qui n’en parle pas, et surtout pas à ses 3 enfants. Seulement, autour d’elle tout le monde le sait. Alors le silence doit être pesant, et les médisances omnis présentes.

Ainsi, lorsque A. rencontre sa future femme, quelle n’est pas la surprise de cette dernière d’entendre une de ses amies lui dire : »tu vas avoir une belle sœur… ma mère a accouché en même temps de Z. ta belle-mère »

A cette affirmation, Z. interrogée par son fils A. et sa bru, de répondre par la négation en s’écriant : « que cela n’était pas leur problème, que cela ne les regardait pas » !

Et voilà comment le doute s’installe. Des flashs d’incompréhension s’éclaircissent et des réalités font jour. Ainsi, il s’avère que, mon nom paraissait sur la carte de sécurité sociale de Z. jusqu’en 2002… fait, qu’elle n’a jamais pu me prouver la dite carte ayant disparue dans le déménagement.

Face à toutes ses questions sans réponses, la bru de Z. a fait des démarches auprès des Services Sociaux, qui n’ont abouti à rien. Si ce n’est une lettre.

La lettre de Z. afin de mettre fin à tous ces questionnements et me donner la possibilité de la rencontrer par l’intermédiaire d’une lettre (indiquant son état civil actuel, afin que je la contacte si je le désirais).

Car il est important de savoir qu’en qualité d’adoption plénière, il n’y a que l’intéressée qui peut donner son consentement pour rentrer en contact avec sa Mère d’origine et non l’inverse.

Hier, j’ai quitté ma Mère naturelle, en larmes, ne comprenant pas ma décision de ne plus la rencontrer… d’avoir besoin de recul… et ce matin, je pars en hâte rechercher J. quand le téléphone résonne. C’est la fille de B. qui demande si : » J. peut encore rester 2 jours je viendrais la chercher le mardi, on s’amuse tellement bien ensemble » ? Au téléphone j’interpelle J. qui me demande aussi de rester, et je m’entends dire «  OUI, mais, tu fais bien attention »

Oui, que je regretterai amèrement quand j’irais chercher J. chez Z. en découvrant que les parents de N. sont repartis chez eux et que les 2 filles sont restées seules chez les grands-parents.

J’ai peur de son mari. Je n’aime pas la façon mielleuse dont il s’exprime… l’embobinage qu’il veut faire avec des cadeaux, de l’argent… les questions sournoises qu’il pose… enfin c’est fini. J. est à coté de moi dans la voiture. Elle m’assure que cela s’est bien passé… mais seulement qu’en aucune façon ils ne l’auraient obligée à les appeler Papi et Mami. Elle a ses grands-parents : papi P. et mamie A., et qu’elle savait se défendre, surtout qu’en ils insinuaient que papi et mamie avaient payer pour m’avoir !

Merci ma chérie, combien je sui fière de toi. Je t’aime d’avoir protégé la mémoire de tes grands-parents, et je réalise qu’à travers toi aussi, leur gentillesse, leur humanisme est resté à jamais gravé dans ton cœur, et combien ils te manquent aussi.

Nous sommes dimanche et j’accueille mon frère, sa femme et 2 de leurs enfants à la maison. Nous apprenons à nous connaître autour d’une table sous le soleil d’août. La journée se passe bien, mais je prends bien soin de tourner 7 fois la langue dans ma bouche avant de parler, et de ne dire que ce que je veux bien que les gens entendent… surtout, aucun sous-entendu par rapport aux événements de la veille, ni le déroulement de la journée… nous avons échangé nos adresses Email, nos téléphones portables. Bien sur je me permets de signaler ma décision de mettre entre parenthèse ma relation avec ma Mère naturelle, en raison du climat de suspicion et de mésentente qui règne dans cette famille. Il est quelque peu surpris mais n’en laisse rien paraître, et nous nous quittons détendus et confiants en l’avenir (en tout cas, de mon côté, c’est de cette façon que j’analyse la journée).

Quelle n’est pas ma surprise quand le lendemain, à mon arrivée pour récupérer J. d’appendre que j’avais dit à l’épouse de C. des choses sur toute la famille… en gros j’avais débiné tout le monde !

Offusquée que l’on puisse me soupçonner de commérages alors que je m’interdis tout jugement, toute interprétation, tout colportage depuis que je fréquente cette famille… et que je fais bien attention à ne froisser personne. Me voilà mise à l’index. Alors là, je vois rouge. Je suis bouleversée, vexée de m’être fait avoir par cet homme et cette femme que je croyais sincères dans leurs désirs d’avancer ensemble…. Et voilà, une fois de plus les larmes m’inondent le cœur. J’avais bien compris qu’il serait difficile voir impossible de construire une histoire simple et durable avec ma Mère naturelle. Mais j’avais tellement espéré pouvoir rattraper le temps avec mes frères… tisser des liens d’amitiés qui peut-être ?

…J’ai toujours le bouquet de fleurs, mais depuis il est bien desséché. Il a perdu ses couleurs. Pourtant, comme un symbole je le garde en souvenir. Et tant qu’il restera entier, je crois qu’il sera toujours possible un jour d’espérer …

Dans la semaine, toujours dans le même état d’esprit, j’ai pris ma plume et j’ai rédigé en 4 exemplaires, un courrier que j’adressais à ma Mère naturelle et dont je tenais à ce que chacun ait la copie afin de ne pas (vous comprenez).

Sur cette lettre, j’exprimais ma joie d’avoir fait la connaissance de Z. mais, et aussi mon gène de plus en plus grande face à cette famille noyée dans les conflits.

Je rappelais qu’en aucune façon je ne serais le jouet de quelqu’un au dépend d’un autre. Que mes Parents adoptifs m’avaient appris à partager et respecter… et qu’actuellement, en l’état où étaient leurs relations familiales je ne trouvais pas ma place parmi eux.

A regret, je préférais mettre une pause sur nos relations, et attendre… qu’ils m’appellent.

2 ou 3 mois sont passés, sans nouvelles.

Bien sur, de ma part, cela ne veut pas dire sans penser ni aux uns et ni aux autres.

Un soir, on sonne à la porte. C’était Z. son mari resté dans la voiture a attendu une heure, pendant que nous prenions le café. Et comme si de rien (sauf qu’intérieurement J’étais stressée, inquiète), nous avons parlé des enfants, du basket, de la gymn de la pluie et du beau temps… en fait de rien.

Un après midi, un coup de téléphone. C’est D. qui m’apprend qu’il est en procédure juridique avec son père. Que ce dernier veut à nouveau le faire interner, et qu’il manipule les enfants afin d’en récupérer la garde… qu’il a appris en interrogeant ses enfants que l’autre jour, alors que ses aînés étaient en vacances chez Z. il a appris que les grands-parents les avaient emmenés chez son frère C. avec qui il est fâché, et que son épouse avait demandé à sa fille si son papa ne caressait pas les seins ?

Un autre appel, pour m’expliquer qu’il a peur de ses parents. …. Il a surpris des appels téléphoniques entre son père et ses aînés, demandant s’il ne les battait pas ?

Un appel, paniqué ses parents sont stationnés avec le camping car, devant chez lui ?

Ils veulent emmener les enfants… les grands ne sont pas encore sortis de l’école !

Pouah ! Quel bordel ! Mais où ai-je mis les pieds ?

J’essaie de rassurer mon frère, lui conseil l’aide d’un avocat… bref je tente d’être la plus convaincante et la moins investie possible !

La peur m’envahit moi aussi… j’ai peur pour mes enfants, s’ils venaient là, chez nous comme ça, sans rien demander, sans rien dire ?

Cette violence dont on m’a parlé, c’est peut-être vraie… Sylvie tu sais bien que c’est vrai… j’ai du mal à dormir, un sentiment nouveau m’envahi, celui que l’on a quand notre univers s’effondre… quand même notre maison ne nous protége pas de la tempête.

Alors je prends la décision suivante, de ne plus voir personne.

Et surtout pas Z. et son mari.

Une fois de plus je me mets devant mon clavier et j’écris à Z. la lettre suivante

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bonjour Z.

Je t’écris car il m’est plus facile de te parler de la sorte. Depuis ta dernière visite chez moi, tu m’as appelé car tu n’avais pas de nouvelles… Si je ne t’appelle pas ou ne donne pas signe. C’est que je ne suis pas bien à mon aise dans notre relation. Je ne sais pas comment me comporter avec toi, que te dire… toutes nos rencontres ne m’ont rien apporté sentimentalement. J’ai l’impression à chaque fois que l’on se voit, que je t’aide à réfléchir sur ta vie, tes sentiments,,, mais moi en retour, je n’ai rien de toi.. je ne connais toujours pas le nom ni même le prénom de l’homme avec qui tu m’as conçue, l’heure de ma naissance, comment tu as vécu toute ton enfance, ta vie avec tes parents… brefs, me parler un peu de toi et moi…

Et de plus, vos problèmes de famille m’envahissent et me pourrissent la vie. Tu sais, il n’est pas nécessaire de connaître votre histoire familiale, mais simplement de vous regarder vous comportez ou vous exprimer quand vous êtes tous ensemble, pour comprendre que cela ne se passe pas si bien que cela entre vous… alors pas besoin d’accuser un tel ou un tel de me monter contre vous !

Pas élevée dans cette atmosphère d’accusation, de manipulation, de suspicion… je préfère que nos rencontres cessent de peur d’être envahi par le doute, le mensonge et en faire mon quotidien…. Je ne peux pas vivre de faux-semblants.

Je pense qu’une fois de plus, tu vas être déçue par ma décision. Mais je tien à te confirmer que je ne suis manipulée par personne, et que dans la continuité des lettres que je t’ai déjà envoyées, je ne veux plus m’imposer des situations dans lesquelles je ne gère pas tout. Je veux pouvoir te rencontrer sans arrière pensée, sans doute, et crainte de ce que je vais entendre ou apprendre.

Une fois de plus, je m’excuse de ce que je t’impose, mais s’il te plait. Fait l’effort de te mettre à ma place une seule fois, et je pense que tu comprendras ma décision.

L’assistant social, qui nous a reçu à la DDASS, avait bien dit qu’il ne fallait pas aller trop vite. Et qu’il était préférable de s’apprivoiser par des petits courriers pour commencer. Peut-être sommes nous allées trop vite, ou tout simplement que notre rencontre ne peut aboutir, sur une relation Mére-Fille comme tu le souhaiterais, ni devenir une relation Amicale comme je le pensais.

Je te demande pardon, car je sais que cette lettre va te bouleverse. Mais je ne peux pas faire autrement. Trop d’obstacles nous séparent et enlaidissent notre histoire. Je suis profondément triste de devoir t’infliger cette décision, mais je veux pouvoir me regarder en face sans me sentir apeurée ou hypocrite en attendant tes visites.

Z. il faut l’admettre, on ne refait pas l’histoire.

Depuis le début nos cartes sont mal distribuées.

Notre histoire s’est brisée l’année de 63 ou 64. Et aujourd’hui on ne peut pas faire comme si l’on s’était toujours connues, comme si nous étions de vieilles copines que se retrouvent après une longue séparation.

Ma démarche depuis le début de mes recherches auprès de la DDASS, n’est pas de fonder une famille, mais de savoir ce qui m’est arrivée entre 1962 et 1964. Alors, forcément, nos attentes ne peuvent pas être les mêmes et de ce fait ne pourront jamais être réalisées. C’est pourquoi :

Je te demande d’en rester là de notre relation

J’ai appris qui tu étais

Tu sais ce que je suis devenue

Tu me connais

Tu as pu rencontrer mes enfants,

Et tu sais que je suis heureuse dan ma vie de famille.

Alors, merci de respecter ma demande

En restant dans le souvenir du mystère de la rencontre.

Cette lettre n'a pas été facile à faire, à envoyer... mais je n'avais pas d'autre solution afin de retrouver le repos de l'âme.

Vous devez me trouver bien lâche, et pensez que j'ai pris la solution de facilité. Moi qui vit dans une belle maison, entourée d'êtres chers que j'aime et qui m'adorent…. Et qui, ais bouleversé une famille, une fratrie. 

Seulement je n'ai pas trouver d'autre solution pour me protéger et éloigner les miens de toute cette haine. Et je pense que notre rencontre aurait pu permettre de faire la part des choses. Qu’ils auraient pu se parler et entreprendre un second départ, avec moi à leurs cotés. Seulement ça n’a pas été le cas, au contraire ils ont continuer de s’entre-déchirer de plus belle ! surement ne sont-ils pas prêts, et ma connaissance a pour certains ravivé des douleurs (je sais que mon frère B. m’a confié un jour, « avoir, combien de fois et surtout maintenant préféré être à ma place abandonné, plutôt qu’a la sienne dans cette famille qui se déchire… moi au moins j’ai été aimée !)… c’est terrible, mais je n’y peux rien faire si ce n’est l’assurer de mon estime.

J'ose espérer que tout le temps qui s'écoule doucement, va leur permettre de trouver la paix et qui sait.. un jour m'appeler pour partager un sourir ensemble ?

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Merci d'avoir pris la peine de me lire. Je veux que mon expérience apporte l'espoir à tous ceux qui sont en recherche d'origines... Le chemin est parfois semé d'embûches, mais il y a du positif en chacun.                   Le temps est patient, il permet à tous d'arriver un jour à écouter les tendres battement de son coeur...pour faire la paix avec soi-même... et pouvoir regarder l'autre, tel qu'il est devenu.

Pour ce qui est de moi. Je peux avouer que depuis ces 4 années, j’ai beaucoup « muri ». Tout d’abord j’ai compris qu’il ne suffisait pas de vouloir quelque chose pour que cela puisse arriver… quelque soit notre intention, et notre bonne volonté… ce qui doit arriver, arrive un jour… mais surtout pas quand on le décide. Il faut savoir rester humble.

J'ai retrouvé le gout  au dessin… j’ai repris le travail du croquis, de la peinture. Et depuis, je n‘a bientôt plus de place sur les murs. Par contre, lorsque je dessine un personnage, le visage reste toujours vide… ?

Il y a quelques mois, je me suis surprise à chanter dans la voiture, sans aucune gêne vocale. Moi qui aimait tellement le faire avec Papa et Maman (même si cette dernière chantait faux !). avant je commençais à pousser la chansonnette et très vite j’avais mal à la gorge, pour un bon moment...

De temps en temps, j’ai bien encore quelques phobies, mais je contrôle, je c’analyse... et surtout, je positive un maximum.

Et puis voyez vous... maintenant je suis sereine... je me sens entière, pleine de ces photographies qui me manquaient… c’est comme si j’avais été un puzzle et qu’il m’avait manqué quelques morceaux…Biensur je n’ai toujours pas de réponses pour mes questions… mais cela m’importe peu. J’ai vu dans les yeux de ma Mère Naturelle qu’elle m’avait aimée, et qu’elle m’aimait toujours même s’il lui est difficile de faire la part des choses entre l’avenir à construire ensemble et son passé familial… et par magie, je n’ai plus besoin de rien d’autre.. les fondements du tableau de ma vie sont posés, je peux continuer aux pinceaux le tracé de ma vie sur la toile de base aux multiples couleurs de fond.

Souvent je me surprends à penser à Z. qui de son côté doit en faire autant. Mon coeur se réchauffe... J'espère qu'elle se porte bien et qu'elle est heureuse de notre rencontre éphémère... Tels des papillons de nuit, notre amour est fragile... seul les connaisseurs peuvent l'observer et savoir combien il est respecteux, profond et vrai ...

Quant à Papa et Maman, je les remercie bien souvent de m'avoir guidée vers Z. à travers le pardon de l'amour qu'ils m'ont donné et permis de répandre autour de moi. Combien je les chéris. Leur amour est si beau... Ils me manquent tellement.

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Encore merci à eux, à vous.

Peinturellement vôtre Sylvie

Posté par Rsylvie à 08:43 - l'Adoption ! - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 septembre 2007

En fait, on vit avec....

Encore, et ben OUI j'ai fait le point avec mon Moi-Même,,,, et depuis ça roule comme un soleil!

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Voilà depuis quelques jours j’me sens comme une boite à sucre…. Mais sans les morceaux… sont tous partis dans l’café, le thé, et même le chocolat du matin !
Et dans la boite y a plus rien… si d’la poussière de sucre.
Et ben moi c’est pareil. J’suis à ramasser à la p’tite cuillère.
Va m’falloir du temps…
du temps pour digérer que ma belle pyramide n’est que façade.

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Quand sont venus me prendre, me chercher, m’emmenerm’adopter.
Les dames blanches ont dit. « vous savez un enfant, du moment qu’il retrouve autant que ce qu’il avait avant.
C’est comme s’il n’avait rien perdu ! »

73582211Et je suis arrivée HOGUET… j’en ai U.
Ça c’est sur, j’en ai U beaucoup. Et même plus que j’en aurais U, s’ils m’avaient gardée.
(comment je le sais ? parcque je l’ai entendu de la bouche de mes frères de sang.
Bon d’accord il n’y a qu’une seule chose qu’ils ont U, de plus que moi… c’est des coups. Des bleus au corps, des bleus au cœur, des bleus à l’am