21 novembre 2008
en forêt, la nuit....
La peur aux trousses
ou fin de la semaine... avec un peu d'avance !!!
4ème partie parc'qu'on est "je dis"
suite de ce qui a commencé ici
62 - Expressions (isa / zabilou
….Imaginez ……Bref, vous êtes libres aussi bien du ton que de la forme, et des expressions / maximes / proverbes / citations que vous choisirez de remettre dans leur sens premier, pour le meilleur ou pour le pire !
Alice se fait un sang d’encre, et n’arrive plus à contrôler ses émotions. 17h21 et la petite n’est toujours pas rentrée.« Elle va voir de quel bois j’me chauffe » pense Alice. Qui, toute à sa détresse de mère, telle une poule qu’aurait perdu ses poussins, erre d’une pièce à l’autre de la maison. L’œil rivé à la pendule.. 17h22, elle guette le moindre signe extérieur. Rien, pas même l’ombre d’un espoir. 17h23…n’en pouvant plus, elle sort précipitamment de la maison. 17h24…Comme une flèche, elle enfourche le vélo de sa fille et pédale en direction de l’arrêt de bus.
-« Merde » ! (ce qui dans la bouche d’Alice est un gros mot) s’écrit elle, les quatre fers en l’air dans le fossé…la chaîne a sauté… manquait plus que ça ! et voilà notre gentille mère au foyer, toujours tirée à quatre épingles les mains dans le camboui. et bien sur pas âme qui vive dans le secteur, pour lui porter secours ! L’écume aux lèvres, le souffle court, elle s’affaire autour de sa monture qui piaffe d’impatience de repartir. Quant arrive fier comme Artaban, le père Michel sur son tracteur flambant neuf !
-« ben m’ame roulleaux, qu’ec-vous arrive » ?
-« Il m’arrive, mon bon Michel (oui, femme sait être flatteuse quand nécessité oblige) que je suis à la recherche de ma fille, qui n’est toujours par rentrée de l’école. Chemin faisant, vous n’auriez pas croisé le bus, où aperçu un des enfants de sa classe » ?
-«ben non, dame Alice. Mais si j’la vois, j’va lui mettre les points sur les i, d’vous donner pareilles sueurs froides. Vous savez ma p’tite dame, faut marquer l’coup et lui donner une bonne roustre à la p’tiote… » !
Sans plus attendre la fin de la conversation,
Alice se dirige vers le bourg dans l’espoir de….
...elle ne sait pas de quoi, mais quitte à faire quelque chose autant se diriger là où il y a de l’animation, et peut-être une réponse à sa question…mais pour sure, elle aura sa correction. Et cette fois, il n’y aura pas deux poids deux mesures. C’en est assez des bêtises tous les trente-six du mois…. Elle va voir de quel bois elle se chauffe la maman quand elle est de mauvais poil.
A coudés au bar en rang d’oignon, les hommes parlent fort dans l’unique bistro du village. Alice n’est pas tombée de la dernière pluie. Elle sait comment attirer l’attention de ces joyeux drilles. Sans coup férir, elle se hisse jusqu’à eux. Mais il n’est pas besoin de mignarder pour que tous interrompent immédiatement toute chose et questionnent la nouvelle venue.
Son visage défait, la peur qui se lit dans ses yeux, font vite comprendre que l’heure est grave. D’ailleurs il est maintenant…. plus de 18h21 et les cendres de nuit commencent à poindre tout doucement..
Sans trop s’attarder sur les circonstances de la crasse qui lui donne l’air d’une souillon, Alice s’empresse de compter le retard de Sophie, ses nombreuses fugues. Mais cette fois, elle ne sait pas pourquoi, c’est différent. Elle le sent au plus profond de son cœur de mère. Sophie est en danger. Il faut la sauver.
-« ben j’veux pas vous donner d’s’inquiétude m’ame Roulleaux, mais à c’t’heure, autant chercher une aiguille dans une botte de foin » s’écrie un gaillard qui semblait encore avoir la pépie, malgré les nombreuses chopines devant lui.
-« c’est d’la roupie d’sansonner c’que tu dis là… allé les gars, on va faire une battue ». lance une voix sur la droite... Et soudain, en moins qu’il en faut pour le dire, toute l’assistance est dehors. Les uns téléphonnant à la gendarmerie, les autres distribuant des lampes à qui demande.
-« La nuit n’est pas encore tombée. Rien n’est perdue ma p’tite dame. On va vous la retrouver vot’e Sophie ».
"taillo 0 taillo 0 taillo…. Ferme
ta gueule répondit l’écho" !
« Comme si c’était le moment de chanter », se dit Sophie que la peur rend stupide.
« Tu ferais mieux de crier 0 secours ». Ce qu’elle s’empresse de faire.
Mais pas de réponse. Seul le bruit strident d’un animal entraînant derrière
lui les branchages qui le protégeaient des regards, se fait entendre. Puis plus rien.
En fin, plus rien,,,, c’est vite dit.
Car en fait tout n’est que bruissement autour d’elle.
Bien sur elle pourrait fermer la porte mais ce serait pire encore.
Rester enfermée toute seule dans cette cabane, la terrorise.
Si si, la terrorise. Elle a essayé tout à l’heure de fermer la porte.
Aussitôt les objets se sont animés
.
La chaise prés de la table s’est soudain tournée vers elle, la regardant d’un air étrange. La table, qui pourtant semblait si lourde, s’est mise à marcher, puis à courir avant de se dresser sur ses pattes arrière et la dominer de toute sa hauteur. Les 4 verres qui étaient disposés prés de la bouteille, colères d’une telle ruade se sont mis à volet. Un à un, ils ont commencé à la poursuivre, pour l’encercler et former une danse infernale, à laquelle est venue se joindre un semblant de cafetière en aluminium bleu. Le couvercle soudain libéré de ses entraves, s’est mis à zigzaguer du sol au plancher, évitant de justesse un tabouret qui ne demandait rien à personne, et semblait assister impuissant à toute la scène. Cachée au fond de la pièce Sophie se taire et ne fait aucun geste pouvant attirer l’attention, quand maintenant elle sent les murs bouger autour d’elle. L’espace déjà restreint, perd de son volume au fur et à mesure que la table prend de la vitesse et que les verres tournent. D’un bon, n’écoutant que son courage, la petite se précipite vers l’extérieur de la cabane et ouvre la porte.
L’air frais lui fait du bien. Et comme par miracle, la danse infernale s’arrête.
Plus un bruit tout est silencieux. Sophie ose un regard vers l’intérieur de la maisonnette.
Tout parait si calme. Sur la table, bien disposée au centre de la pièce, 4 verres semblent attendre le liquide rougeâtre d’une bouteille de vin déjà entamée. Non loin de là, une cafetière trône sur un semblant de tabouret. La petite n’en croit pas ses yeux. Tout à l’heure, ils étaient bien animés. Enfin, elle n’a pas rêver. Et comme pour s’en persuader elle s’apréte à refermer la porte derrière elle pourvoir si la magie opère encore une foi, quand une petite voix lui dit :
-« tu crois que tu n’as que ça à faire ….Ne ferais-tu pas mieux
d’essayer de te faire des signaux pour que l’on te retrouve ? »
-« que l’on me retrouve » pense Sophie, qui commence à comprendre que cette fois elle ne joue pas. Qu’elle n’est pas entrain de vivre une de ses nombreuses histoires qu’elle invente à longueur de journée, pour occuper le temps. Mais qu’elle est belle et bien perdue dans cette grande forêt par la faute du si gentil professeur d’éducation physique qu'elle aimait tant, avant cette course d’orientation. et puis sa mère, à qui elle a tant de fois fait des carambistouilles, va-t-elle prendre au sérieux son retard et ne pas croire à une de ses innombrables fugues champêtres ? mon dieu, comme elle regrette ses espiégleries. Soudain un bruissement de pas l'interrompe dans sa réfléxion. Elle sent comme une présence qui regarde vers elle. dans la nuit 2 yeux... pourtant elle n'a pas peur. Elle ne saurait expliquer pourquoi, mais elle n'est pas effrayer. Peut-être parc'qu'ils veillent sur elle ?
Epilogue
d'une fin trés attendue !
-« allo, madame Roulleaux, l’école St joseph.. nous avons un petit soucis…..course d’orientation dans la forêt d’écouvres….
Pas revenue…. Oui….bien sur… venez nous rejoindre »
« j’ai bien fait de rentrer » se dit Alice, qui enfile à la hâte un gilet de laine, et courre vers la R16 garée devant la maison. Pas le temps de prévenir Pierre. Il le saura bien assez vite. Pied au plancher, elle prend la route direction Bagnoles de l’Orne. Rapidement sur place, elle est saisie d’effroi par l’image qui s’impose à ses yeux. Giro-phares, fourgonnette des pompiers, ambulance et voitures de police embrasent le ciel d’une lueur vive, déchirant le voile ténébreux de la nuit noire. Tandis qu’un attroupement de badauds s’entasse autour du périphérique délimité par la gendarmerie.
Alice terrorisée, mesure soudain toute la gravité et l’ampleur de de la situation…. Sa petite Sophie, l’amour de sa vie, la prunelle de ses yeux, la chair de son sang, est quelque part dans cette forêt. Et elle, sa mère, ne peut rien faire d’autre qu’attendre... Si Pierre était là, il la conseillerait et saurait quoi faire, dans cette fôret qu'il connait si bien, lui qui la parcourt tant de fois avec sa fille. Elle se sent soudain appaisé par cette idée. lors de leurs promenades, il a du lui donner les bons conseils... Oui, elle retrouve un peu de confiance. Son époux lui a transmit l'amour des arbres, et c'est vrai que la fôret est un peu comme sa deuxième maison à la Sophie. Alors les yeux plein d'amour elle se met à prier, Prier, PRIER...
Prier.... Espérer… attendre prier pleurer mourir courir mourir
HURLER courir pleurer espérer Hurler prier en finir espérer courir..... tenir
« J’ai bien fait de rentrer » se dit Sophie, blottie sur le tabouret.
Elle sent la fraîcheur de la nuit doucement envahir la pièce.
Le froid ne lui fait pas peur. Elle a apprit à l’apprivoiser lors des innombrables ballades avec son père
Ce qui n’est pas le cas de ses cauchemars. Alors elle préfère laisser la porte ouverte. Ainsi, il ne se passera rien. Rien de rien. Non vraiment rien d’autre que la vie nocturne ne lui ai déjà appris.
Au commencement de la nuit, les bruit se font discrets, comme imperceptibles. Puis petit à petit, ils prennent de la hardiesse et du volume. C’est une chouette qui donne rendez-vous à maître hibou. Sur la droite, c’est un corbeau qui appelle sa compagne pas encore rentrée des courses, du travail ou vice-versa. En amont, c’est une vache qui appelle son petit. Sur la gauche, c’est un groupe de fourmis, n'ayant pas terminé la manœuvre, qui s’empresse d’allonger le pas. Au loin, c’est un chien qui prévient son maître que le troupeau est rentré, qu’il veille et peut partir tranquille rejoindre sa famille.
La famille… comme elle voudrait rentrer… mais par où aller ?
Faire du bruit ? elle a essayé, mais ça n’a rien donné.
Il faudrait quelque chose de lumineux. Mais quoi ?
« fumer nuit gravement à la santé qu’ils disent ! oui, mais au moins, t’as toujours du feu sur toi », pense Sophie de plus en plus sombre. Et qu’aucune idée ne vient distraire de la tristesse qui l’envahit.
Elle est fatiguée et surtout, elle ne veut plus penser. Tous ses essais la conduisent indéniablement vers sa mère qui doit être morte d’inquiétude et ses amies, son professeur qui doit être accablé par la situation et tous ceux qu’elle aime et …. Et voilà qu’un flot de larmes inonde ses yeux, avec tant d’intensité qu’elle ne peut contenir ses pleurs et se met à hurler à la lune.
-« Vous entendez ce cri, on dirait un loup « ? s’écrite le sapeur Olivier.
« Mais si, je vous dis, sur la gauche là-bas au fond, comme le brame d’un cerf, une plainte…. Suivez moi »
Le second lance une fusée de détresse vers la voute endormie.
Sophie, au travers des ses yeux mouillés, voit soudain luire des milliers de lucioles, jaillies d’un feu d’artifice étoilé.
D’un bond, elle est dehors
-« Maman » appelle-t-elle…..
-« ma chérie » lui répond une voix
Au loin, un cerf se dirige vers les fossés… une louve rejoint sa tanière
merci de m'avoir suivie si loin.... douce journée à vous et à samedi.








