le blog de sylvie61

46 ans... et toute la vie devant soi ! le quotidien, les humeurs d'une normande, les rêves d'une maman au travers de son histoire.... tout cela, sans se prendre au sérieux

26 octobre 2007

« La Boite aux Photos d’Alice » (1ere partie)

Quand je suis rentrée jeudi soir, il y avait un démarcheur à la maison.
Il était sur le seuil de la porte, prêt à partir. Il avait fait affaire avec Monsieur.
Seulement il voulait l’avis de Madame… alors je m’exécute de bonne grâce. (il était question d’une prise de vue aérienne de notre maison)… et patati et patata que je m’en vais fouiller dans le buffet de la salle pour retrouver celle de la maison de papa et maman qui avait été faite il y a 10 ans, quand je tombe sur une boite… 73103895La BOITE

Je suis pressée, j’ai pas le temps de m’en occuper mais je la mets de coté… et passe la soirée.

Seulement voilà, c’est « La Boite aux Photos d’Alice », ma maman.
Et avec elle, revient l’émotion des sentiments bien rangés dans le compartiment fragilité.

 

Plein de fois je suis passée à coté, mais je ne l’ai pas regardée. Je n’y ai même pas touché. Et puis tout d’un coup, l’envie de la placer ailleurs. De lui redonner sa place. Quelle idée, comme si elle avait une place bien définie ! Non, elle n’est rien d’autre qu’un objet comme les autres. Alors pourquoi ce besoin de la mettre bien en vue de tous. De la mettre à l’honneur sur le piano ?

-Ben parc’qu’elle est belle, tiens pardi !
Non, elle n’est pas si belle que cela. A bien y regarder, elle est même quelconque.
Sur 4 pieds sculptés, en métal (style alu-repoussé), plutôt terne, elle est rectangulaire et pleine de bosses.

Cela fait maintenant 2 semaines que j’ai déterré un trésor. Et que je ne le sais pas.

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(la suite juste aprés, ci-dessous)

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"la boite d'Alice" (SUITE et fin)

Ce matin, que je n’avais pas le temps (juste 10-15 minutes tout au plus),
je me surprends à saisir
la petite boite et l’ouvrir.

jeune_femme_ouverture_petit_cadeau___ap05288

le couvercle est assez lourd. Rien de plus normal, à l’intérieur se trouve un miroir aux angles lézardés par le temps. Cette jolie boite devait être un coffret à bijoux, devant lequel l’heureuse élue pouvait se contempler à loisirs.

Elle devait être coquette mon Alice pour avoir un si joli coffret. Et moi de l’imaginer dans sa chambre, jeune fille, observant avec précision son reflet dans la glace. Elle sourit de plaisir … tiens, elle rit.

Dedans ? Pas de bijou, ni de caillou. Encore moins de joujou, des

ks9729photos. De toutes petites photos rectangulaires de 9 CM/7. des photos toutes dentelées avec un liseré blanc. Des tas de photos, des tonnes de photos…

Et puis des négatifs aussi, des centaines de négatifs. Je n’imaginais pas tout ce que pouvait contenir une si petite boite.

ks1918 j’ai plongé la main
dedans
et je les ai regardées toutes, une par une.

Certaines plus vite que d’autres, et puis je l’avoue avec plus d’intérêt pour certaines que d’autres. Celles qui représentaient des photos de paysages, de monuments ou de bâtiments m’importaient peu. Mais sur celles qui avaient figure humaine, je me suis longuement penchée. Je me suis arrêtée. Pour certaines, je reconnaissais un peu, très peu, pas du tout. Alors je les tournais, retournais à la recherche d’une écriture, d’une date, d’un nom. Mais il n’y avait jamais d’inscription, ou si peu que cela restait évasif pour moi.

C’était toutes, des photos d’AVANT.

Avant le drame, avant la triste découverte de son corps à demi enseveli.
Ce n’était que des photos de bonheur.
De joies partagées, d’enfants qui sourient.
Qui prennent la pose. De camarades qui se déguisent
comme on le faisait à cette époque.
C’était des photos du bonheur.

 

Je découvrais mon père, jeune homme riant.
Je l’entendais plaisanter avec ses camarades.
Je l’écoutais rire…. J’ai même cru l'entendre chantait.

Et puis soudain, ma main s’est posée sur une photo.
Plus petite que les autres.

Noircie par le temps, mais je pouvais reconnaitre les visages.

Ils étaient tous les deux, tendrement enlacés à coté des autres assis sur un banc. amoureux1

Ils étaient là, amoureux… Beaux… Seuls au monde.

Je découvrais ma mère et son mari… 
celui que son cœur a toujours chéri.

Celui que la guerre lui a pris…
celui vers qui allaient ses pensées, ses désirs de femme.
celui d'avant PAPA,
celui d'avant MOI.

Je voyais pour la première fois Alice dans les bras d’Arthure.

Et je découvrais par la douceur de leurs regards,
que ma mère avait été heureuse.
Qu’elle avait aimé, et
qu’elle avait été adorée par cet homme qui l’enlace si tendrement.

J’ai gardé la petite photo que j’ai mis délicatement sur le mur.
Tout prés des autres, qui sont si précieuses à mon cœur.

 

roses015
J’étais comme comblée, car j’avais découvert que ma mère avait connu le bonheur

Posté par Rsylvie à 00:00 - Ma Maman - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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